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Quel est le problème avec Paolo Banchero ?

L’Orlando Magic poursuit sa progression, mais le rôle offensif de Paolo Banchero soulève des interrogations. Si ses qualités physiques font de lui un joueur unique, son efficacité offensive reste instable, ce qui affecte la construction d’un système durable autour de lui.
Le problème avec Paolo Banchero

Un volume de tirs problématique en dehors de la raquette

44 % des tirs de Paolo Banchero proviennent de jump shots, sur lesquels il affiche un eFG% de 36,9 %, bien en dessous de la moyenne NBA. Son profil de tir montre des pourcentages faibles à 3 points qui soulignent une forme de persistance dans l’inefficacité.

En parallèle, l’attaque d’Orlando a progressé, passant de 105,4 à 117,1 points par match d’une saison à l’autre. La question n’est donc plus de savoir si l’équipe peut scorer avec Banchero, mais si son usage dans des zones de faibles rendements ne limite pas le plafond offensif collectif.

Des secteurs où Banchero performe davantage

L’analyse par type de possession met en évidence les domaines où Banchero est le plus efficace :

  • Transition : 1,29 point par possession, 64 % eFG%
  • Spot up : 1,05 PPP, 52,3 % eFG%
  • Post-up : 1,07 PPP, 54,5 % eFG%

À l’inverse, ses performances en isolation ou comme porteur de balle sur pick and roll restent limitées, avec des eFG% de 39 % et 37 % respectivement. Or, ces deux types d’actions représentent une part importante de son usage.

Une efficacité offensive insuffisante au regard de son usage

Un graphique croisant TS% et usage place Banchero dans une zone délicate : un volume élevé de tirs pour une efficacité globale inférieure à la moyenne. C’est une position difficilement soutenable pour une première option offensive, à moins de compenser par une forte création pour les autres, ce qui n’est pas encore le cas.

Défensivement, une présence sans playmaking

Sur le plan défensif, Banchero se situe dans la moyenne basse en :

  • Déflections (17e percentile)
  • Polyvalence défensive (37e percentile)
  • Turnovers forcés ajustés (44e percentile)

Il offre de la valeur en tant que protecteur secondaire du cercle, en limitant les fautes, mais n’est pas un créateur d’événements défensifs. Son apport de ce côté du terrain ne compense pas ses lacunes offensives actuelles.

Le rôle de Franz Wagner dans la dynamique collective

Les données de temps de jeu montrent qu’Orlando performe mieux avec Franz Wagner seul (+3 points) qu’avec Banchero seul (-3,3 points). Même sans les deux joueurs, le différentiel reste positif (+2,3). Lorsqu’ils sont ensemble, l’impact net est positif mais plus modeste (+1,9 points).

Les formations sans Wagner mais centrées sur Banchero peinent à produire une attaque efficace, tandis que celles avec Wagner, quel que soit le rôle de Banchero, restent plus constantes.

Vers un ajustement des responsabilités

L’ensemble des données ne remet pas en question le potentiel de Paolo Banchero, mais son usage actuel. Il dispose d’un physique rare et de qualités pour dominer, à condition de réorienter ses priorités offensives. Il est particulièrement performant en situation de finition : en transition, sur des cuts, des spot-ups ou au poste bas.

Le véritable enjeu n’est pas de savoir s’il peut être productif, mais s’il peut devenir un finisseur constant et dominant vers le cercle, en acceptant de déléguer une part de la création.

Une trajectoire encore à définir

Le futur de Banchero ne dépendra pas uniquement de son volume de tirs, mais surtout de sa capacité à supprimer les tirs les moins rentables de son jeu. Orlando continue de construire lentement, misant sur le développement interne. Dans ce contexte, une adaptation de Banchero serait un levier fort pour consolider les progrès offensifs de l’équipe.