Un Stephen Curry muet pendant un quart-temps
Tout avait pourtant mal commencé. Darius Garland (21 points, 8 passes) et les Clippers ont d’emblée imposé leur rythme, prenant dix points d’avance (12-2). Golden State a répondu par Brandin Podziemski (17 points, 7 rebonds) et Al Horford, repassant devant (19-18). Mais le tournant est arrivé vite : après seulement huit minutes de jeu, Stephen Curry a pris la direction des vestiaires. Maladroit. En difficulté physiquement.
Ben Mathurin (23 points) n’a eu aucune pitié. Un 13-3 dévastateur pour conclure le quart a donné neuf points d’avance aux Clippers (31-22). En l’absence du Chef, Kristaps Porzingis (20 points, 5 rebonds, 5 passes) et Gui Santos (20 points, 7 rebonds) ont limité la casse.
Kawhi prend le relais, Curry reste muet
Curry est revenu sur le parquet avant la mi-temps, sans retrouver ses sensations. Kawhi Leonard (21 points, 7 rebonds) a pris le relais côté Clippers, trouvant des duels avantageux même face à Draymond Green dans l’axe. Los Angeles a repassé à +10 (52-42). À la pause : 61-53. Curry affichait 2 sur 9 au tir.
On pouvait se poser la question, en toute honnêteté : était-ce la fin pour ces Warriors-là ?
Chef Curry sort enfin de sa cuisine
Non. Pas ce soir.
Dès le retour des vestiaires, Stephen Curry a basculé en mode patron. Seize points dans le troisième quart, à 6 sur 8 au tir dont 3 sur 4 de derrière l’arc et une action à quatre points. Golden State est revenu à deux longueurs, forçant le temps mort de Tyronn Lue (74-72).
Les Clippers ont résisté : Garland et Leonard ont repassé Los Angeles au-dessus des dix points d’avance à l’entame du dernier quart (98-85). Gui Santos a refusé le drapeau blanc, Curry et Porzingis ont encore recolé (100-97). Le match de runs continuait, sans vainqueur désigné.
Horford, la bombe venue de nulle part
Garland a pris ses responsabilités avec un trois-points pour remettre les Clippers à +8 avec six minutes à jouer (108-99). Et c’est là qu’Al Horford a écrit sa page de la nuit. Quatre paniers à trois-points consécutifs en trois minutes, tous inscrits quand chaque possession pouvait être fatale. Le dernier a basculé le momentum et mis Golden State devant dans un Intuit Dome médusé (117-115).
Après plusieurs semaines d’irrégularité, l’ancien Celtic a sorti exactement le match qu’on attendait de lui. Porzingis aussi, dans un registre plus complet : deux vétérans qui ont su lire le moment.
Le pick-and-roll éternel
Il restait moins d’une minute. Le pick-and-roll entre Curry et Green, celui qui a traversé une décennie, s’est activé une dernière fois. Curry a envoyé sa septième bombe longue distance pour porter les Warriors à +3. Dans la foulée, Green a chipé le ballon à Kawhi Leonard pour offrir un panier avec la faute à Podziemski. Puis Green a volé une deuxième fois la balle à la star des Clippers, tuant définitivement le match.
Kawhi Leonard : zéro point dans le quatrième quart-temps. Deux ballons volés dans les mains par Green. Comme si on était replongé en 2016.
Pour les Clippers, la saison s’arrête là. Mathurin, Garland, Leonard : ils ont tout donné sur leur parquet. Ça n’a pas suffi face à deux légendes qui refusent de se laisser enterrer.
La prochaine étape pour les Warriors : Phoenix, dans la nuit de vendredi à samedi. Curry et Green dos au mur ? Après ce qu’ils viennent de sortir ce soir, je ne voudrais pas être à la place des Suns.





