Histoire des Atlanta Hawks

Les Atlanta Hawks sont l’une de ces franchises qui ont changé de ville, de couleur et d’accent, mais jamais d’ADN : une base populaire fidèle, un goût prononcé pour le spectacle, et cette sensation récurrente d’être à deux décisions près d’un destin différent. Installés à la State Farm Arena, au cœur d’Atlanta (Conférence Est, Division Sud-Est), ils forment aujourd’hui le visage le plus connu d’une histoire qui démarre loin du Sud : en 1946, à Moline–Rock Island–Davenport, sous le nom des Tri-Cities Blackhawks. La jeune équipe passe par la NBL, rejoint la NBA en 1949, déménage à Milwaukee, puis s’épanouit à Saint Louis, où elle décroche le seul titre de la franchise en 1958, une apogée signée Bob Pettit et un jalon majeur dans la légende des Hawks.

Depuis, Atlanta vit avec une disette que seuls les Kings dépassent en longueur, et un dernier parfum de Finales qui remonte à l’ère Saint Louis. Cette trajectoire dit beaucoup de la franchise : souvent compétitive, régulièrement présente au printemps, mais trop rarement équipée pour franchir la dernière marche. L’explication ne tient pas qu’à la malchance. Elle s’écrit aussi dans la draft, où les Hawks ont trop souvent laissé filer l’upside qui change une dynastie. Depuis 1980, seulement cinq joueurs draftés par la franchise ont goûté au All-Star Game : Doc Rivers, Kevin Willis, Al Horford, Jeff Teague et Trae Young. C’est court pour bâtir des sommets durables, et cela a pesé sur la capacité d’Atlanta à enchaîner les pics de performance.

Reste que l’histoire des Hawks ne se résume pas à une liste de “what if”. Elle est jalonnée d’icônes (de Pettit à Dominique Wilkins, jusqu’à Trae Young), de salles pleines et de séquences fortes où l’équipe a imposé sa marque : jeu aérien, meneurs créatifs, et une Highlight Factory qui a fait d’Atlanta un passage obligé du calendrier NBA. Cette page retrace, période par période, comment la franchise est passée des Tri-Cities au Hotlanta contemporain, entre décisions fondatrices, virages manqués et éclairs de génie.

Histoire Atlanta Hawks
  • Nom : Atlanta Hawks
  • Ville : Atlanta, Géorgie
  • Création : 1946
  • Salle : State Farm Arena (18 000 places)
  • Champions NBA : 1 (1958)
  • Champions de conférence : 0
  • Champions de division : 12
  • Numéros retirés : 6 (Bob Pettit) – 21 (Dominique Wilkins) – 23 (Lou Hudson) – 44 (Pete Maravich) – 55 (Dikembe Mutombo) – 59 (Kasim Reed)
Sommaire

Les débuts des Tri-Cities Blackhawks (1946–1951)

L’histoire des Atlanta Hawks commence loin de la Géorgie, sur les rives du Mississippi. En 1946, la franchise voit le jour sous le nom des Tri-Cities Blackhawks, représentant trois villes voisines : Moline et Rock Island (Illinois) ainsi que Davenport (Iowa). L’équipe évolue alors dans la National Basketball League (NBL), l’une des deux ligues majeures qui, trois ans plus tard, fusionneront pour donner naissance à la NBA.
Le nom “Blackhawks” rend hommage au chef amérindien Black Hawk et à la guerre du même nom, menée en 1832 dans la région. Une référence symbolique à la résistance et à la combativité — des traits qui, par la suite, deviendront partie intégrante de l’identité de la franchise.

Les débuts sont pourtant chaotiques. Le premier coach, Roger Potter, ne tient que sept matchs (six défaites), remplacé par un jeune entraîneur du nom de Red Auerbach — futur architecte de la dynastie des Celtics. Malgré un effectif limité, Auerbach insuffle de la rigueur et du rythme. Les Blackhawks terminent leur première saison NBA (1949–1950) avec 29 victoires pour 35 défaites et arrachent une qualification inespérée pour les playoffs, où ils s’inclinent face aux Packers d’Anderson.

L’été suivant symbolise le premier grand tournant de l’histoire de la franchise. Lors de la draft 1950, les Blackhawks sélectionnent Bob Cousy en troisième position. Problème : le meneur star refuse de rejoindre une petite ville du Midwest et réclame un meilleur contrat. La direction finit par l’échanger contre Gene Vance, un joueur modeste qui ne marquera pas l’histoire. Cousy, lui, atterrit à Boston et devient une légende. Un premier “what if” fondateur, qui hantera la franchise pendant des décennies.

Dans une NBA encore balbutiante, les Tri-Cities Blackhawks naviguent dans l’ombre des grandes équipes de l’époque. Les saisons suivantes sont marquées par des bilans médiocres et une instabilité chronique sur le banc. En 1951, après plusieurs changements d’entraîneurs et des finances fragiles, le propriétaire Ben Kerner prend une décision radicale : il déménage la franchise à Milwaukee, dans le Wisconsin. Une nouvelle ville, un nouveau départ, et un nom raccourci — les Milwaukee Hawks.

Retour en haut