- Bilan de la saison dernière : 44 victoires – 38 défaites, 9e de la Conférence Est, élimination au deuxième match du Play-In.
- Les mouvements : Départs : Les départs et arrivées de l’été des Charlotte Hornets
- Le 5 majeur : Coby White – Kon Knueppel – Brandon Miller – Naz Reid – Moussa Diabaté
- Le banc : Dennis Schröder – Grayson Allen – Dorian Finney-Smith – Royce O’Neale – Grant Williams – Ryan Kalkbrenner – Hannes Steinbach – Sion James – Christian Anderson
- Notre pronostic pour cette saison : 31 victoires – 51 défaites.
Il aura fallu attendre longtemps pour voir les Hornets ressembler de nouveau à une vraie équipe NBA. Assez longtemps, en tout cas, pour que Charlotte décide immédiatement de tout chambouler.
La saison passée avait pourtant enfin produit quelque chose de concret : 44 victoires, une place au Play-In et surtout un finish à 28-10 après un départ à 16-28. À partir du 1er janvier, les Hornets avaient même affiché le meilleur Net Rating de toute la NBA (+10,5), avec la meilleure attaque sur cette période. Charles Lee avait trouvé une formule. Puis l’été est arrivé.
LaMelo Ball a été envoyé à Minnesota, Miles Bridges à Phoenix. Josh Green et Tre Mann sont également partis. Charlotte n’a pourtant pas lancé une démolition générale : Naz Reid, Grayson Allen, Royce O’Neale, Dorian Finney-Smith et Dennis Schröder ont débarqué, pendant que Coby White était conservé et que deux rookies du Top 20, Hannes Steinbach et Christian Anderson, rejoignaient le projet.
Les Hornets paraissent aujourd’hui plus profonds. Peut-être même plus cohérents autour de Brandon Miller et Kon Knueppel. Mais une question domine toutes les autres : qui va désormais créer les avantages que LaMelo Ball créait presque naturellement ?

Les Hornets ont-ils assez de création sans LaMelo Ball ?
Le problème n’est pas de remplacer les 20,1 points de LaMelo Ball. Charlotte possède suffisamment de scoring pour répartir cette production. Le vrai manque se situe ailleurs : Ball distribuait également 7,1 passes par match et restait le joueur capable de faire bouger une défense avant même que le tir n’apparaisse. Pick & roll, transition, passes dans les angles impossibles, création après avoir attiré deux défenseurs : avec lui, l’attaque pouvait trouver une solution sans forcément disposer d’un système parfait.
Coby White devrait récupérer une partie de ces responsabilités. Sa fin de saison précédente avait été intéressante, mais il n’avait tourné qu’à 15,6 points et 3,0 passes sur ses 21 matchs à Charlotte. C’est un guard capable de scorer, d’attaquer une défense déséquilibrée et de jouer avec ou sans ballon. Ce n’est pas encore la preuve qu’il peut organiser une bonne attaque NBA pendant 82 matchs. Dennis Schröder apporte une deuxième sécurité balle en main, mais à 32 ans, il ressemble davantage à une solution de stabilisation qu’à un nouveau moteur offensif.
Le changement de hiérarchie doit donc surtout accélérer l’évolution de Brandon Miller et Kon Knueppel. Miller sort d’une saison à 20,2 points de moyenne, tandis que Knueppel a immédiatement produit 18,5 points, 5,3 rebonds et 3,4 passes pour sa première année. Le deuxième possède déjà un shoot qui déforme les défenses ; le premier est désormais appelé à devenir le visage du projet. Mais pour que Charlotte survive offensivement au départ de Ball, les deux devront faire plus que scorer : il faudra créer pour les autres.
C’est là que l’été des Hornets devient intéressant. Grayson Allen, Naz Reid, Dorian Finney-Smith ou Royce O’Neale donnent à Charles Lee beaucoup de shooting et de joueurs capables de fonctionner sans monopoliser le ballon. La création peut donc être plus collective, moins dépendante d’un seul chef d’orchestre.
Elle devra l’être. Charlotte avait terminé 2025-2026 avec un Offensive Rating de 118,4 et un Net Rating de +4,9. Reproduire ce niveau sans son meilleur playmaker constitue un défi autrement plus compliqué que simplement remplacer ses points.
À nos yeux, les Hornets possèdent assez de porteurs de balle pour éviter le chaos. Pas encore assez de création prouvée pour retrouver immédiatement l’attaque qui avait porté leur incroyable deuxième partie de saison.
Les clés de la saison des Charlotte Hornets
Les forces :
- Un duo Brandon Miller – Kon Knueppel autour duquel construire à long terme.
- Beaucoup de shooting avec Knueppel, White, Allen, Reid, Finney-Smith et O’Neale.
- Une profondeur d’effectif largement supérieure à celle des années de reconstruction.
- Naz Reid offre une vraie flexibilité offensive sur les postes intérieurs.
- Charles Lee a déjà installé une identité collective qui a produit 44 victoires.
- Steinbach, Anderson et plusieurs jeunes donnent encore des possibilités de développement.
Les faiblesses :
- Aucun créateur de très haut niveau n’a encore remplacé LaMelo Ball.
- Brandon Miller arrive à cette nouvelle responsabilité après une opération de l’épaule gauche.
- Beaucoup de bons joueurs, mais aucune superstar établie pour porter l’attaque lorsque le jeu se bloque.
- Une rotation très chargée qui obligera Charles Lee à trancher entre vétérans et développement des jeunes.
- La hiérarchie au poste de pivot reste ouverte entre Diabaté, Kalkbrenner et Steinbach.
Le joueur à suivre : Kon Knueppel
On sait déjà que Kon Knueppel peut shooter. Sa saison rookie a largement répondu à cette question : 18,5 points par match, 42,5 % à trois points sur près de huit tentatives par rencontre, 81 matchs disputés et une deuxième place dans la course au Rookie of the Year. Pour un joueur de 20 ans, le CV est déjà particulièrement sérieux.
La vraie étape suivante se trouve ailleurs.
Sans LaMelo Ball, Knueppel ne pourra plus seulement vivre des avantages créés par les autres. Charlotte aura besoin qu’il en génère. Qu’il attaque davantage les closeouts, manipule une défense sur pick & roll, trouve le joueur ouvert après avoir attiré une aide et devienne une option crédible lorsque la première action offensive échoue.
Ses 3,4 passes de moyenne la saison dernière indiquent qu’il n’est pas qu’un shooteur immobile. Maintenant, la difficulté augmente : davantage de décisions, davantage de pression défensive et probablement davantage de possessions où l’adversaire préparera son game plan pour lui.
S’il reste essentiellement un formidable finisseur, Charlotte risque de manquer de création malgré tout son shooting. S’il commence à devenir un véritable créateur secondaire, l’équation change. Coby White n’a alors plus besoin de tout organiser et Brandon Miller peut se concentrer davantage sur le scoring.
Le plafond des Hornets passe beaucoup par cette transformation.
Quel scénario pour les Charlotte Hornets en 2026-2027 ?
Scénario Choke
Le chantier commence mal si Brandon Miller n’est pas totalement prêt physiquement. Opéré en mai pour une instabilité de l’épaule gauche, il progressait dans sa rééducation fin août mais n’avait pas encore annoncé avoir reçu le feu vert complet pour reprendre toutes les activités basket. À trois semaines du training camp, Charlotte ne peut donc pas encore considérer son franchise player comme une certitude absolue pour le début de saison.
Dans le pire des cas, Miller revient progressivement sans pouvoir immédiatement absorber son nouveau rôle, Coby White reste davantage scoreur que créateur et Schröder ne suffit pas à organiser l’ensemble. Knueppel continue de rentrer des tirs mais doit fabriquer lui-même beaucoup plus de choses qu’en rookie.
La profondeur devient alors un trompe-l’œil. Charles Lee possède douze joueurs capables de réclamer des minutes, mais aucun ne résout vraiment le problème principal. Les rotations bougent, les jeunes intérieurs se partagent les opportunités et l’attaque se met à vivre beaucoup trop du jump shot.
Charlotte reste compétitif certains soirs grâce à son shooting et à sa profondeur, mais manque du talent de création nécessaire pour gagner les fins de match. Dans cette version, les Hornets passent sous la barre des 30 victoires et retournent très vite regarder la loterie plutôt que le Play-In.
Scénario Clutch
Dans le meilleur des cas, le départ de LaMelo Ball ne laisse pas un trou : il libère de l’espace.
Brandon Miller revient sans limitation importante et transforme ses 20 points de moyenne en véritable statut de première option. Kon Knueppel ajoute davantage de playmaking à un arsenal offensif déjà redoutable. Coby White trouve le juste équilibre entre scoring et organisation, pendant que Schröder évite aux possessions sans titulaire de devenir un exercice de survie.
Autour d’eux, Charlotte possède alors exactement les profils que l’on aime associer à deux jeunes créateurs : Allen sanctionne derrière l’arc, Finney-Smith et O’Neale font le sale boulot, Reid écarte les intérieurs adverses et l’un de Diabaté, Kalkbrenner ou Steinbach s’impose comme la réponse défensive dans la raquette.
Ce scénario n’est pas totalement fantaisiste. Charles Lee vient de diriger une équipe qui a terminé la saison dernière à 28-10 et la structure collective existe déjà.
Si deux jeunes franchissent simultanément un cap et que Miller est pleinement disponible, Charlotte peut largement dépasser notre projection, gagner autour de 40 matchs et revenir dans la bataille pour le Play-In.
Notre verdict
Projeter seulement 31 victoires à une équipe qui vient d’en gagner 44 peut paraître sévère. Mais ces Hornets ne sont plus exactement ceux qui avaient terminé la saison dernière comme l’une des meilleures équipes de NBA.
Charlotte a gagné de la profondeur, du shooting, de la polyvalence et plusieurs futurs assets. En revanche, LaMelo Ball et Miles Bridges représentaient une énorme partie de sa hiérarchie offensive. Le premier départ est particulièrement difficile à absorber parce qu’aucune recrue n’apporte son niveau de création.
On croit au duo Brandon Miller – Kon Knueppel et l’effectif paraît trop compétent pour sombrer totalement. On croit moins à sa capacité immédiate à recréer une attaque de haut niveau pendant que Miller change de statut, que White découvre davantage de responsabilités et que la nouvelle rotation cherche son équilibre.
Notre projection provisoire reste donc de 31 victoires pour 51 défaites, soit la 12e place de la Conférence Est et une saison terminée hors du Play-In.
Charlotte a désormais beaucoup plus de solutions. Son problème est qu’elle vient de se séparer du joueur qui savait le mieux les connecter.






