- Bilan de la saison dernière : 45 victoires – 37 défaites, 7e de la Conférence Ouest, qualifiés via le Play-In puis éliminés au premier tour.
- Les mouvements : Les départs et arrivées de l’été des Phoenix Suns
- Le 5 majeur projeté : Devin Booker – Jalen Green – Dillon Brooks – Miles Bridges – Oso Ighodaro
- Le banc : Collin Gillespie – Luke Kennard – Jordan Goodwin – Ryan Dunn – Khaman Maluach – Rasheer Fleming – Koa Peat – Haywood Highsmith
- Notre pronostic pour cette saison : 42 victoires – 40 défaites, 7e de la Conférence Ouest, Play-In.
Phoenix avait enfin retrouvé quelque chose en 2025-2026. Pas une équipe capable de regarder Oklahoma City dans les yeux en playoffs, le sweep du premier tour a rapidement remis tout le monde à sa place, mais au moins une identité. Après les 36 victoires du naufrage précédent, les Suns sont remontés à 45 succès avec une défense classée 9e de NBA et un Net Rating positif (+1,4). Surtout, ils ont complètement inversé leur rapport au jeu de possessions : Phoenix a obtenu en moyenne 3,1 opportunités de tir de plus que son adversaire, troisième meilleur différentiel de la ligue.
L’été devait servir à consolider cette reconstruction express autour de Devin Booker. Miles Bridges a remplacé le duo Grayson Allen-Royce O’Neale dans la rotation des ailes, Luke Kennard est venu remettre une dose de shooting et plusieurs cadres de la saison dernière ont été conservés.
Puis Mark Williams s’est blessé.
Le pivot s’est déchiré le labrum de l’épaule gauche lors d’un entraînement individuel et a été opéré le 10 septembre. Phoenix a annoncé une absence prolongée sans donner de date officielle de retour. À quelques jours du lancement de la préparation, les Suns ont donc perdu le titulaire qui devait stabiliser leur raquette.
Ce n’est peut-être pas la blessure qui détruit une saison. C’est en revanche exactement le genre de grain de sable qui peut transformer une équipe de playoffs en équipe de Play-In.

Phoenix peut-il préserver son équilibre sans Mark Williams ?
Le paradoxe des Suns est assez simple : leur effectif semble aujourd’hui mieux équipé pour marquer, mais potentiellement moins bien construit pour reproduire ce qui les avait fait gagner.
La saison dernière, Phoenix n’avait que la 17e attaque de NBA avec 114,2 points inscrits pour 100 possessions. Le vrai bond en avant était venu de l’autre côté du terrain. Avec un Defensive Rating de 112,9, les Suns avaient terminé 9es de la ligue après avoir possédé l’une des pires défenses NBA en 2024-2025.
Jordan Ott avait trouvé une formule plus agressive, plus physique et surtout beaucoup plus capable de générer des possessions supplémentaires. Dillon Brooks donnait le ton sur les ailes. Collin Gillespie et Jordan Goodwin apportaient de l’activité. Mark Williams offrait de la taille, du rebond et une cible verticale à l’intérieur.
Le problème est que plusieurs pièces de cette formule ont bougé.
Royce O’Neale, titulaire dans la lineup la plus utilisée de Phoenix la saison dernière, est parti avec Grayson Allen dans le trade Miles Bridges. Bridges apporte davantage de création individuelle et sort d’une saison à 17,1 points, 5,8 rebonds et 3,2 passes, mais son arrivée concentre encore un peu plus les responsabilités offensives autour de joueurs qui aiment avoir le ballon.
Booker reste évidemment le centre de gravité, après une saison à 26,1 points et 6 passes de moyenne. Derrière lui, Jalen Green doit encore trouver sa place après une première année à Phoenix limitée à 32 matchs par les blessures. Puis viennent Brooks, Bridges et un Gillespie devenu trop bon pour être considéré comme un simple figurant : 12,7 points, 4,6 passes et 40,1 % à trois points sur 7,2 tentatives par match.
Cela fait beaucoup de solutions.
Cela fait aussi beaucoup de joueurs dont il faut définir précisément les tirs, les responsabilités et les minutes.
L’absence de Mark Williams complique encore le puzzle. Oso Ighodaro possède l’expérience et la confiance du staff pour ouvrir la saison comme titulaire. Lors des 22 matchs disputés sans Williams l’an dernier, il produisait 8,4 points, 6 rebonds et 3,2 passes en 27 minutes. Mais son profil n’apporte ni spacing ni la même présence physique dans la raquette. Derrière lui, Khaman Maluach offre un potentiel de protection de cercle supérieur, mais reste extrêmement jeune et encore peu expérimenté au niveau NBA.
Phoenix a donc encore assez de talent pour rester compétitif. Mais son équilibre est devenu plus fragile. Et cette fois, les Suns ne disposent plus vraiment du luxe d’attendre que toutes les pièces trouvent naturellement leur place.
Les clés de la saison des Phoenix Suns
Les forces :
- Devin Booker reste une première option offensive de très haut niveau.
- Une profondeur intéressante sur le backcourt avec Green, Gillespie, Kennard et Goodwin.
- Dillon Brooks donne toujours une identité physique et agressive à la défense.
- Miles Bridges ajoute du scoring et une nouvelle menace athlétique sur les ailes.
- Luke Kennard, meilleur shooteur à trois points de NBA la saison dernière à 47,8 %, apporte une arme immédiatement identifiable.
- Plusieurs jeunes intérieurs peuvent profiter des minutes libérées par Mark Williams.
Les faiblesses :
- L’absence prolongée de Mark Williams laisse un vrai vide dans la raquette.
- La protection du cercle dépend désormais beaucoup de joueurs encore en développement.
- L’association Booker-Green-Bridges-Brooks demande un partage clair des responsabilités offensives.
- Le départ de Royce O’Neale retire un role player particulièrement simple à intégrer dans n’importe quelle lineup.
- Jalen Green doit retrouver continuité et efficacité après une saison perturbée physiquement.
- La marge est faible dans une zone de l’Ouest où quelques défaites peuvent faire passer du 6e au 10e rang.
Le joueur à suivre : Khaman Maluach
Il y a quelques semaines encore, Khaman Maluach pouvait envisager cette saison comme la suite logique de son développement. Quelques minutes supplémentaires, davantage de responsabilités et Mark Williams devant lui pour absorber les soirées les plus compliquées.
Ce plan n’existe déjà plus.
Avec Williams sur la touche, Khaman Maluach va devoir jouer. La vraie question est désormais de savoir combien et à quel moment Jordan Ott lui fera confiance.
Son rookie year avait surtout servi d’apprentissage : 46 matchs, seulement 3 points et 2,9 rebonds de moyenne. Phoenix n’avait aucune raison de brûler les étapes. Sa Summer League a toutefois donné un aperçu beaucoup plus séduisant de ce qu’il pourrait devenir, avec 19,5 points, 12,8 rebonds et 2 contres de moyenne sur quatre apparitions. L’échantillon est minuscule et le niveau n’est évidemment pas comparable à la NBA, mais le signal existe.
Surtout, son profil répond exactement au nouveau problème de Phoenix. Ighodaro est probablement le choix le plus rassurant à court terme grâce à son intelligence de jeu, ses écrans et sa capacité à connecter les possessions. Maluach est celui qui peut réellement remplacer une partie de ce que Williams apportait par sa taille, sa verticalité et sa présence près du cercle.
S’il franchit un cap plus vite que prévu, l’absence de Williams devient gérable.
S’il n’est pas prêt, Phoenix risque de découvrir chaque soir que les centimètres manquants se voient beaucoup plus facilement face à Nikola Jokic ou Victor Wembanyama que pendant une Summer League de juillet.
Quel scénario pour les Phoenix Suns en 2026-2027 ?
Scénario Choke
Le premier problème arrive immédiatement : aucun des jeunes pivots ne parvient vraiment à remplacer Mark Williams.
Ighodaro fait circuler le ballon mais Phoenix manque de taille et de dissuasion défensive. Maluach montre des flashs, seulement entrecoupés des erreurs normales d’un intérieur de 20 ans propulsé trop rapidement dans un rôle majeur.
La défense qui avait permis aux Suns de revenir dans le top 10 NBA régresse.
Dans le même temps, l’autre pari ne fonctionne pas. Jalen Green peine toujours à trouver de la constance à côté de Booker, Bridges consomme davantage de possessions qu’O’Neale sans apporter le même équilibre et Dillon Brooks doit de nouveau effectuer une partie du sale boulot pour quatre.
Phoenix marque. Phoenix peut même très bien marquer certains soirs. Mais dès que l’adresse disparaît, le château de cartes devient beaucoup plus facile à secouer.
Dans un Ouest où les écarts entre les équipes de Play-In peuvent être minuscules, les Suns glissent derrière Portland, Golden State ou Dallas. La saison qui devait confirmer le retour de Phoenix en playoffs devient alors une nouvelle lutte pour simplement atteindre le top 10.
Scénario Clutch
Khaman Maluach est prêt beaucoup plus tôt que prévu.
Pas besoin qu’il devienne soudainement un pivot All-Star. S’il protège le cercle, prend ses rebonds, court et termine les actions créées par Booker, il peut déjà résoudre une énorme partie du problème. Ighodaro retrouve alors un rôle de second unit qui correspond parfaitement à ses qualités de connecteur.
Devant eux, le casting fonctionne.
Jalen Green reste disponible et donne enfin à Booker un deuxième créateur capable d’exploser une défense. Bridges accepte un rôle un peu moins gourmand que par le passé. Brooks continue de défendre, Kennard punit chaque aide et Gillespie conserve son niveau de la saison dernière.
Phoenix retrouve alors le meilleur de ses deux versions : l’intensité et le jeu de possessions de 2025-2026, avec davantage de scoring et de shooting.
Dans ce scénario, les Suns n’ont aucune raison de se limiter au Play-In. La bataille avec les Lakers et Houston pour les dernières places directement qualificatives en playoffs devient crédible, et l’arrivée éventuelle de Williams en cours de saison peut même renforcer une équipe qui aura appris à vivre sans lui.
Notre verdict
La blessure de Mark Williams est suffisamment importante pour fragiliser la projection établie par Choke & Clutch. Elle intervient précisément au poste où Phoenix disposait du moins de certitudes derrière son titulaire et force immédiatement Maluach et Ighodaro à changer de statut.
Mais les Suns possèdent encore trop de solutions pour être enterrés.
Booker reste une garantie offensive, Brooks avait trouvé un rôle qui lui convenait, Gillespie s’est installé comme un vrai joueur de rotation et les arrivées de Bridges et Kennard donnent à Jordan Ott suffisamment de scoring pour survivre aux périodes difficiles. Le doute concerne moins leur capacité à gagner des matchs que leur capacité à retrouver la défense qui avait transformé l’équipe l’an dernier.
Notre projection commune reste donc 42 victoires pour 40 défaites et une 7e place à l’Ouest.
Phoenix devrait encore jouer sa saison au Play-In. Avec un Maluach en avance sur son développement, le top 6 redevient accessible. Sans protection de cercle, le soleil pourrait en revanche se coucher beaucoup plus tôt que prévu.






