- Bilan de la saison dernière : 62 victoires – 20 défaites, 2es de la Conférence Ouest, défaite en Finales NBA face aux New York Knicks (1-4).
- Les mouvements : Arrivées : Les mouvements de l’été des Spurs
- Le 5 majeur : De’Aaron Fox – Stephon Castle – Devin Vassell – Tobias Harris – Victor Wembanyama
- Le banc : Dylan Harper – Julian Champagnie – Keldon Johnson – Harrison Barnes – Luke Kornet – Carter Bryant – Jordan McLaughlin – Tarris Reed Jr.
- Notre pronostic pour cette saison : 60 victoires – 22 défaites, 1ers de la Conférence Ouest.
Il aura donc suffi d’une saison pour que San Antonio change complètement de problème.
En octobre 2025, les Spurs devaient prouver que leur accumulation de jeunes talents pouvait devenir une vraie équipe. Quelques mois plus tard, les voilà à 62 victoires, dans le top 3 NBA en attaque comme en défense et surtout en Finales NBA. New York a remporté la série 4-1, mais le score raconte mal sa compétitivité : les cinq rencontres étaient encore à cinq points ou moins dans les cinq dernières minutes. San Antonio n’était pas simplement invité à la grande table. Il avait déjà commencé à manger dans l’assiette des autres.
L’été n’a donc pas nécessité de révolution. Victor Wembanyama a prolongé, Tobias Harris est arrivé et l’immense majorité de la rotation reste en place. NBA.com estime même que les joueurs conservés représentent 94 % des minutes de saison régulière de l’an passé.
Mais c’est justement là que les ennuis commencent. Les Spurs ne sont plus une promesse. Ils sont désormais attendus.

Le plus difficile commence-t-il maintenant pour les Spurs ?
Oui. Et c’est probablement la meilleure nouvelle possible pour San Antonio.
Passer de 22 victoires en 2022-2023 à une finale NBA trois ans plus tard transforme radicalement la manière dont une saison est jugée. Une élimination honorable n’existe quasiment plus. Une progression individuelle de Wembanyama non accompagnée d’un long parcours en playoffs ne suffira plus. Les Spurs ont accéléré si vite qu’ils ont presque supprimé eux-mêmes les étapes intermédiaires.
Le socle, lui, est déjà impressionnant. En 2025-2026, San Antonio a terminé avec un Offensive Rating de 118,7, un Defensive Rating de 110,4 et un Net Rating de +8,4 : troisième de NBA dans les trois catégories. Wembanyama, élu Defensive Player of the Year, tournait à 25 points et 11,5 rebonds. Stephon Castle avait déjà progressé jusqu’à 16,7 points, 5,3 rebonds et 7,4 passes.
Le problème n’est donc plus de construire une équipe de contender. Elle existe. Il faut désormais apprendre à vivre avec son statut.
Mitch Johnson doit encore gérer une équation particulière sur les lignes arrières. Fox reste le meneur titulaire, Castle est devenu indispensable et Dylan Harper réclame davantage de terrain après une postseason où son influence a augmenté au fil des tours. San Antonio possède énormément de création, de puissance balle en main et de taille chez ses guards, mais le spacing n’est pas automatiquement parfait lorsque Fox, Castle et Harper sont associés.
Puis arrive Tobias Harris. À 34 ans, il n’a pas été recruté pour modifier l’identité des Spurs, mais pour enlever quelques possessions compliquées aux jeunes. Ses 13,3 points et 5,1 rebonds avec Detroit ne bouleversent pas une fiche statistique ; sa capacité à scorer sans monopoliser le ballon peut en revanche éviter que chaque demi-terrain difficile finisse dans les mains de Wembanyama ou Fox.
C’est peut-être toute la différence entre une équipe qui découvre les Finales et une équipe qui sait comment y retourner. San Antonio n’a plus besoin d’apprendre à gagner. Il doit maintenant apprendre à gagner quand tout le monde considère qu’il devrait le faire.
Les clés de la saison des San Antonio Spurs
Les forces :
- Victor Wembanyama est déjà une superstar capable de transformer presque seul la défense des Spurs.
- San Antonio sort d’une saison terminée dans le top 3 NBA en attaque, en défense et au Net Rating.
- Fox, Castle et Harper donnent à Mitch Johnson trois créateurs aux profils différents.
- La continuité est exceptionnelle pour une équipe ayant déjà atteint les Finales NBA.
- Tobias Harris ajoute du scoring, de l’expérience et une option supplémentaire sur les ailes.
- Champagnie, Vassell et Kornet permettent d’entourer le noyau avec du shooting et des profils complémentaires.
Les faiblesses :
- Le spacing peut devenir imparfait lorsque plusieurs guards peu réguliers à trois points partagent le terrain.
- La dépendance à Wembanyama reste énorme, malgré la profondeur du roster.
- Fox doit retrouver davantage d’efficacité après des playoffs irréguliers.
- La répartition des minutes entre Harper, Castle, Fox et Vassell demande encore des arbitrages.
- Tobias Harris ou Julian Champagnie doivent stabiliser un poste 4 qui n’a pas encore de titulaire incontestable.
- Jayden Quaintance a subi une opération du genou en juillet et n’a, à ce stade, aucun calendrier public de retour.
Le joueur à suivre : Dylan Harper
Il existe des problèmes que vingt-neuf franchises accepteraient volontiers. Trouver davantage de minutes à Dylan Harper en fait partie.
Le deuxième choix de la Draft 2025 a terminé sa saison rookie avec 11,8 points, 3,4 rebonds et 3,9 passes en seulement 22,6 minutes de moyenne. Ce rôle réduit pouvait sembler frustrant pour un prospect de ce niveau, jusqu’à ce que les playoffs montrent pourquoi San Antonio avait tout intérêt à être patient.
Plus la pression montait, plus Harper prenait de la place.
En Finales, il a terminé avec 21 points dans le Game 4 puis 25 dans le Game 5. En quelques semaines, il est passé du statut de jeune luxe dans une rotation profonde à celui de joueur que Mitch Johnson pouvait difficilement laisser trop longtemps sur le banc. C’est là que sa deuxième saison devient fascinante.
Harper possède la taille, la puissance et la création pour devenir titulaire dans énormément d’équipes NBA. À San Antonio, Fox et Castle occupent déjà le terrain. L’enjeu n’est donc pas simplement de progresser : il doit rendre son utilisation incontournable.
Son tir extérieur sera particulièrement important. Si les défenses peuvent passer sous les écrans contre plusieurs guards simultanément, certaines associations deviendront difficiles à maintenir. S’il devient suffisamment dangereux sans ballon, Mitch Johnson pourra fermer les matchs avec ses meilleurs talents sans sacrifier l’espace nécessaire à Wembanyama.
San Antonio possède déjà une équipe de Finales. La progression de Dylan Harper pourrait lui donner une équipe de champion.
Quel scénario pour les San Antonio Spurs en 2026-2027 ?
Scénario Choke
La gueule de bois des Finales existe finalement.
Pas sous la forme d’un effondrement spectaculaire. Quelque chose de beaucoup plus réaliste : quelques pourcentages qui baissent, plusieurs matchs serrés qui basculent de l’autre côté et des adversaires qui arrivent désormais avec un plan spécifiquement construit pour ralentir San Antonio.
Fox continue de manquer de régularité extérieure. Castle progresse sans devenir un shooteur réellement respecté. Harper mérite davantage de minutes, mais les alignements à trois guards réduisent parfois l’espace autour de Wembanyama. Mitch Johnson passe plusieurs mois à chercher le compromis parfait entre ses meilleurs joueurs et ses associations les plus cohérentes.
Dans le même temps, Tobias Harris n’apporte pas suffisamment pour pousser Champagnie vers le banc et le poste 4 devient davantage une rotation par matchup qu’une vraie solution.
Les Spurs restent excellents. Avec Wembanyama, impossible d’imaginer beaucoup moins. Mais ils retombent vers les 50 victoires, terminent derrière Oklahoma City et quelques concurrents dans l’Ouest avant d’arriver en playoffs avec une pression qu’ils n’avaient jamais réellement connue. Et cette fois, une élimination avant les Finales serait vécue comme un échec.
Scénario Clutch
Dylan Harper rend rapidement la question de son temps de jeu impossible à éviter. Son tir progresse, sa puissance crée des mismatches sur les guards adverses et Mitch Johnson découvre plusieurs lineups où Fox, Castle et Harper peuvent alterner les responsabilités sans marcher sur les pieds des autres. La création devient presque impossible à assécher sur 48 minutes.
Tobias Harris trouve exactement le rôle attendu : pas celui d’une star supplémentaire, mais celui du vétéran capable de punir une défense qui oublie une seconde option. Champagnie conserve son shooting, Vassell son volume extérieur et Kornet continue d’offrir des minutes propres derrière Wembanyama. Et Wembanyama fait du Wembanyama.
La saison précédente avait déjà illustré son influence : les Spurs étaient 16,4 points par 100 possessions meilleurs avec lui sur le parquet que sans lui, plus gros différentiel parmi les joueurs ayant dépassé 1 000 minutes dans une seule équipe. Une nouvelle progression offensive transformerait un joueur déjà dominant en candidat évident aux plus grandes récompenses individuelles.
San Antonio remporte alors une soixantaine de matchs, récupère la première place de l’Ouest et revient en juin avec l’expérience qui lui manquait douze mois plus tôt.
Cette fois, personne ne trouve leur présence en Finales précoce. Et personne ne trouve leur victoire surprenante.
Notre verdict
Le plus difficile commence effectivement maintenant parce que les Spurs ont déjà supprimé presque toutes leurs excuses.
Ils ont une superstar générationnelle de 22 ans. Un meneur All-Star calibre avec Fox. Castle et Harper constituent l’un des backcourts jeunes les plus intrigants de NBA. Vassell, Champagnie, Harris, Johnson et Kornet donnent de vraies options de rotation. Surtout, l’équipe qui vient de gagner 62 matchs et d’atteindre les Finales a été conservée presque intégralement.
Nous ne projetons pourtant pas une nouvelle envolée du bilan. À ce niveau, progresser ne signifie plus passer de 50 à 65 victoires. Cela signifie mieux jouer les possessions qui ont décidé les Games 2, 4 et 5 contre New York.
Notre projection est donc de 60 victoires pour 22 défaites, première place de la Conférence Ouest et avantage du terrain au premier tour.
San Antonio n’a plus besoin de prouver que son futur est brillant. La saison 2026-2027 doit commencer à transformer ce futur en présent.






