- Bilan de la saison dernière : 45 victoires – 37 défaites, 7e de la Conférence Est, élimination en demi-finales de conférence face aux New York Knicks (0-4).
- Les mouvements : Les mouvements de l’été des Philadelphie Sixers.
- Le 5 majeur : Tyrese Maxey – VJ Edgecombe – Jaylen Brown – LeBron James – Joel Embiid
- Le banc : Anfernee Simons – Kentavious Caldwell-Pope – Dean Wade – Jabari Walker – Justin Edwards – Labaron Philon Jr. – Dominick Barlow – Adem Bona
- Notre pronostic pour cette saison : 51 victoires – 31 défaites
À Philadelphie, les années passent et la deuxième semaine de mai finit toujours par avoir un petit goût de déjà-vu.
La saison dernière avait pourtant offert un scénario presque réparateur. Après un exercice 2024-2025 catastrophique, les Sixers sont remontés à 45 victoires malgré seulement 38 matchs de Joel Embiid. Septièmes à l’Est, ils ont même renversé Boston après avoir été menés 3-1 au premier tour. De quoi croire, quelques jours, que les fantômes du Process avaient enfin décidé d’aller hanter quelqu’un d’autre. Puis New York est arrivé. Quatre matchs. Quatre défaites. Fin de l’histoire.
La réponse de la nouvelle direction n’a pas vraiment été la prudence.
Paul George est parti à Boston contre Jaylen Brown. LeBron James a rejoint Philadelphie pour sa 24e saison NBA. Anfernee Simons, Dean Wade et Kentavious Caldwell-Pope ont épaissi une rotation qui possédait déjà Tyrese Maxey, VJ Edgecombe et Embiid.
Depuis, la présaison a rappelé que le talent ne protège pas de tout. La grave blessure d’Ariel Hukporti a fragilisé un secteur intérieur déjà dépendant de la santé d’Embiid.
Il ne manque donc plus grand-chose sur la feuille de papier.
Et justement, à Philadelphie, c’est généralement à ce moment-là que les choses deviennent intéressantes.
Une superteam pour encore échouer en demi-finales ?
Le mot « superteam » peut toujours ouvrir trois heures de débat, deux podcasts et quelques insultes sur les réseaux sociaux. Alors contentons-nous des faits : les Sixers réunissent quatre joueurs ayant déjà été sélectionnés dans une All-NBA Team, plus VJ Edgecombe, auteur de 16 points, 5,6 rebonds et 4,2 passes dès sa saison rookie. Jaylen Brown vient d’intégrer la All-NBA Second Team, Tyrese Maxey la Third Team.
La quantité de talent n’est donc plus discutable. Son organisation, beaucoup plus.
Brown sort de la meilleure saison de sa carrière : 28,7 points, 6,9 rebonds et 5,1 passes avec Boston, une sixième place au vote du MVP et un rôle de première option assumé pendant une grande partie de l’année. Maxey a lui aussi passé un cap avec 28,3 points et 6,6 passes. LeBron apportait encore 20,9 points et 7,2 passes à 41 ans. Embiid, lorsqu’il jouait, restait à 26,9 points.
Nick Nurse doit désormais faire rentrer tout cela dans cinq postes et un seul ballon.
La saison dernière, Brown affichait 35,1 % d’usage, Embiid 33,6 %, Maxey 28,6 % et LeBron 26,2 %. Additionner les talents fonctionne très bien dans NBA 2K. Dans la vraie vie, quelqu’un doit couper, poser un écran et accepter de regarder un coéquipier terminer une possession.
Les premiers matchs de présaison donnent quelques indications.
Contre les Knicks, Brown a inscrit 22 points en moins de 17 minutes pendant qu’Edgecombe distribuait sept passes décisives sans perdre un ballon. Leur complémentarité a déjà montré des signes encourageants. Le 8 octobre, face à Brooklyn, les cinq titulaires ont enfin joué ensemble. LeBron a terminé la première mi-temps avec dix points et cinq passes, sans chercher à monopoliser les tirs.
Mais l’équilibre reste à construire. Les pertes de balle d’Embiid, huit contre les Nets, ont rappelé que les automatismes ne s’achètent pas en même temps que les contrats. Quant à la lourde défaite contre Boston, le 10 octobre, elle reste difficile à interpréter puisque plusieurs cadres, dont Brown, LeBron et Embiid, avaient été ménagés.
LeBron semble être la pièce la plus facile à adapter. Ses qualités de passeur peuvent le transformer davantage en connecteur. Maxey pourrait multiplier les séquences sans ballon, là où sa vitesse devient encore plus difficile à contenir. Embiid n’a plus besoin de toucher la balle sur chaque demi-terrain. Brown, enfin, doit retrouver une logique proche de ses années avec Jayson Tatum plutôt que chercher à conserver ses responsabilités de 2025-2026.
C’est probablement là que se trouve la réponse à notre question.
Ces Sixers sont beaucoup trop talentueux pour que le simple accès aux playoffs constitue une réussite. Mais ils ne deviendront pas champions parce que leur cinq majeur impressionne sur une affiche. Leur saison dépendra de leur capacité à accepter que moins de responsabilités individuelles peuvent produire davantage de victoires collectives.
Et après autant de deuxièmes tours transformés en terminus, le bénéfice du doute n’existe plus vraiment.
Les clés de la saison des Philadelphia 76ers
Les forces :
- Un cinq Maxey – Edgecombe – Brown – LeBron – Embiid qui concentre une quantité presque absurde de création et de scoring.
- Jaylen Brown apporte le two-way play qui manquait régulièrement aux ailes de Philadelphie.
- Tyrese Maxey, désormais All-NBA, peut porter l’attaque lorsque les vétérans soufflent.
- VJ Edgecombe peut encore franchir un cap après une excellente saison rookie, notamment dans un rôle plus complémentaire.
- Anfernee Simons offre du scoring et du ball handling à une second unit potentiellement très dangereuse.
- Dean Wade, Kentavious Caldwell-Pope et Jabari Walker donnent à Nick Nurse davantage de profils complémentaires autour des stars.
Les faiblesses :
- Joel Embiid n’a disputé que 38 matchs de saison régulière en 2025-2026.
- LeBron James entame sa 24e saison NBA à 41 ans et devra lui aussi être géré.
- La nouvelle superteam doit construire sa hiérarchie offensive et ses automatismes en quelques mois.
- Brown, Maxey et Embiid devront accepter une réduction de certaines responsabilités offensives lorsque le cinq sera au complet.
- La mobilité défensive d’Embiid reste une interrogation, notamment face aux pick & roll.
- La profondeur intérieure est fragilisée par la rupture du tendon d’Achille d’Ariel Hukporti et l’entorse du pied d’Adem Bona, encore en reprise au début du mois d’octobre.
Le joueur à suivre : Jaylen Brown
Il fallait probablement choisir celui qui arrive au pire moment pour demander moins de responsabilités.
Jaylen Brown vient de réaliser sa meilleure saison NBA. Avec Jayson Tatum longtemps absent, il n’a pas simplement tenu Boston debout : il est devenu sa première option, tournant à 28,7 points, 6,9 rebonds et 5,1 passes, tout en terminant sixième du vote pour le MVP.
Quelques semaines plus tard, le voilà dans une équipe où Maxey sort lui aussi d’une campagne All-NBA, où Embiid reste la référence intérieure et où LeBron James ne traverse pas exactement les possessions avec l’anonymat d’un role player.
Brown doit donc effectuer le chemin inverse de celui de l’an dernier.
Son usage avait bondi jusqu’à 35,1 % avec Boston. À Philadelphie, il devrait revenir vers un volume comparable à celui qu’il connaissait aux côtés de Tatum. Ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle. Moins de possessions à créer seul peut signifier davantage de jeu en transition, de catch-and-shoot et d’énergie consacrée à la défense.
La présaison a d’ailleurs offert un premier aperçu encourageant de son association avec VJ Edgecombe. Les deux extérieurs semblent déjà capables d’alterner création, jeu rapide et responsabilités défensives. Cette connexion pourrait devenir particulièrement précieuse lorsque LeBron ou Embiid rejoindront le banc.
C’est précisément pour cela qu’il est notre joueur à suivre.
Les Sixers savent ce que Maxey peut produire. Ils savent ce qu’Embiid peut être lorsqu’il est disponible. Ils ont de bonnes raisons de penser que LeBron saura adapter son jeu.
Brown est celui qui peut faire passer cette collection de stars du statut de fantasme de juillet à celui de véritable équipe de playoffs. S’il accepte d’être parfois le deuxième, le troisième voire le quatrième nom appelé sur une possession sans perdre son agressivité, Philadelphie possède peut-être enfin l’ailier capable d’équilibrer tout son projet.
Quel scénario pour les Philadelphia 76ers en 2026-2027 ?
Scénario Choke
Le pire scénario ne nécessite même pas une catastrophe.
Il suffit que les petites contraintes deviennent de gros problèmes.
Embiid manque régulièrement des rencontres. LeBron est intelligemment ménagé. Les cinq titulaires jouent donc trop peu ensemble pour construire des automatismes, et Nick Nurse passe une bonne partie de la saison à bricoler des associations différentes.
À l’intérieur, la blessure d’Hukporti devient plus problématique que prévu. Bona peine à retrouver son rythme et les solutions de small-ball autour de Dean Wade ou Jabari Walker ne compensent pas toujours le déficit de taille et de protection du cercle.
Quand tout le monde se retrouve enfin sur le terrain, une autre question apparaît : à qui appartient vraiment l’attaque ?
Brown sort d’une saison durant laquelle il était le patron. Maxey en est désormais capable. Embiid reste redoutable lorsqu’il reçoit le ballon dans ses zones préférentielles. Et LeBron n’a pas passé 23 saisons à regarder les fins de match depuis le corner.
Le talent empêche l’effondrement. Mais les Sixers glissent dans la lutte pour les dernières places directement qualificatives en playoffs, loin du haut de tableau espéré.
Puis avril arrive.
Une équipe plus rodée cible Embiid défensivement, oblige les stars à jouer dans le demi-terrain et transforme chaque fin de match en négociation sur le partage des tirs.
Deuxième tour. Élimination.
Cette fois, même Philadelphie aurait du mal à appeler ça « The Process ».
Scénario Clutch
Le scénario idéal commence par un mot que les Sixers connaissent malheureusement très bien : disponibilité.
Embiid ne joue pas 75 matchs. Personne ne lui demande ça. Mais il en dispute suffisamment pour créer des automatismes sans arriver en playoffs déjà cabossé. Ses minutes diminuent légèrement, son usage aussi, et Philadelphie gagne paradoxalement davantage parce que tout ne dépend plus de lui.
LeBron devient l’organisateur secondaire parfait. Maxey profite de davantage de possessions sans ballon. Edgecombe transforme sa deuxième saison en véritable explosion, profitant de la création de ses partenaires pour attaquer les espaces et dépenser encore plus d’énergie en défense.
Et surtout, Jaylen Brown accepte le rôle.
Pas celui d’un figurant. Celui du joueur à 22 ou 24 points qui peut prendre le meilleur extérieur adverse, courir en transition, sanctionner une défense qui aide sur Embiid et devenir première option lorsque les vétérans soufflent.
Derrière eux, Simons retrouve son rythme et dynamise la second unit. Wade stabilise les lineups défensives, KCP retrouve quelques réflexes de ses années de titre et Bona apporte une protection de cercle indispensable après sa reprise.
Les Sixers peuvent alors se mêler à la course pour la première place de la Conférence Est.
La saison régulière devient presque secondaire.
Car si Philadelphie arrive au mois d’avril avec ses cinq titulaires disponibles, une hiérarchie claire et une défense suffisamment solide, son plafond ne s’arrête certainement plus aux demi-finales.
Il se situe en juin.
Notre verdict
Il serait facile de regarder tous ces noms et de prévoir 60 victoires. Ce serait aussi oublier tout ce que l’histoire récente des Sixers nous a appris.
Joel Embiid demeure le principal point d’interrogation physique après seulement 38 matchs la saison dernière. LeBron James aura 42 ans avant la fin de l’exercice. Et réunir cinq joueurs aussi talentueux ne garantit ni la complémentarité ni les automatismes nécessaires pour gagner quatre séries de playoffs.
La blessure d’Ariel Hukporti ajoute une incertitude supplémentaire à une rotation intérieure qui ne possède pas beaucoup de garanties derrière Embiid. Elle ne suffit pas à remettre en cause toute la projection, mais réduit clairement la marge de sécurité.
Pour autant, cette équipe possède beaucoup plus de solutions offensives que les versions précédentes de Philadelphie.
Brown arrive au sommet de son basket. Maxey est désormais All-NBA. Edgecombe a déjà démontré qu’il pouvait contribuer immédiatement. LeBron peut organiser plutôt que dominer chaque possession. Et la présence de Simons, Wade ou KCP réduit la nécessité de demander 40 minutes aux stars dès qu’un match devient compliqué.
Nous projetons donc les Philadelphia 76ers à 51 victoires – 31 défaites, 2e de la Conférence Est, avec l’avantage du terrain au premier tour des playoffs.
Mais cette fois, le bilan de saison régulière ne racontera qu’une petite partie de leur année.
Avec un roster pareil, atteindre les demi-finales ne serait plus une réussite.
Ce serait simplement trouver une nouvelle façon d’échouer au même endroit.






