- Bilan de la saison dernière : 53 victoires – 29 défaites, 3es de la Conférence Est, champions NBA.
- Les mouvements : Les mouvements de l’été des Knicks.
- Le 5 majeur : Jalen Brunson – Mikal Bridges – Josh Hart – OG Anunoby – Karl-Anthony Towns
- Le banc : Miles McBride – Jose Alvarado – Jordan Clarkson – Landry Shamet – Pacôme Dadiet – Mohamed Diawara – Tyler Kolek – Andre Drummond
- Notre pronostic pour cette saison : 55 victoires – 27 défaites, 1ers de la Conférence Est.
Pendant 53 ans, New York a attendu. Il aura finalement suffi de quelques semaines pour transformer le Madison Square Garden de théâtre des frustrations en maison du champion NBA.
Les Knicks n’ont pas seulement gagné le titre en 2026. Ils l’ont fait avec autorité. Après une saison régulière terminée à 53-29, ils ont éliminé Atlanta en six matchs avant d’enchaîner deux sweeps face à Philadelphie et Cleveland. New York a finalement dominé San Antonio 4-1 en Finales pour terminer ses playoffs à 16 victoires et seulement 3 défaites. Depuis le passage du premier tour au format best-of-seven en 2003, seules les Warriors 2017 ont affiché un meilleur pourcentage de victoires sur une campagne de playoffs.
Et contrairement à ce que l’on pouvait attendre d’un champion, le front office n’a pas cherché à réinventer ce qui venait de fonctionner. Brunson, Bridges, Hart, Anunoby et Towns sont toujours là. Mike Brown aussi. Les modifications se trouvent principalement autour du noyau, avec le départ de Mitchell Robinson et l’arrivée d’Andre Drummond comme principale réponse à l’intérieur.
L’histoire n’est donc plus de savoir si les Knicks sont capables de gagner. Ils viennent précisément de le faire. La question est beaucoup plus cruelle : peuvent-ils recommencer ?

Les Knicks peuvent-ils réaliser le back-to-back ?
Le meilleur argument de New York est finalement assez simple : les champions n’ont pratiquement rien perdu de ce qui faisait leur identité.
Jalen Brunson demeure le centre du projet. Il a terminé les Finales à 32,6 points de moyenne, conclu la série avec 45 points dans le Game 5 et récupéré le trophée de Finals MVP. À ce niveau de compétition, les Knicks savent désormais qu’ils possèdent le joueur capable de prendre le ballon lorsque le système disparaît, que les défenses connaissent chaque action et que les deux dernières minutes ressemblent davantage à un concours de nerfs qu’à du basket académique.
Autour de lui, la construction reste cohérente. Karl-Anthony Towns apporte le spacing d’un intérieur capable de jouer loin du cercle tout en sortant d’une saison à 20,1 points et 11,9 rebonds. Mikal Bridges et OG Anunoby absorbent une grande partie des missions défensives extérieures. Josh Hart rebondit, pousse le jeu en transition et connecte les différentes pièces sans réclamer que l’attaque soit construite autour de lui.
C’est probablement la grande différence entre ces Knicks et certaines équipes construites autour d’une accumulation de stars : presque tout le monde connaît déjà son rôle.
La vraie interrogation se trouve davantage dans les marges.
Mitchell Robinson n’était pas une star et n’était même plus titulaire, mais son profil offrait quelque chose de très différent de Towns. Son rebond offensif, sa présence verticale et sa capacité à protéger le cercle donnaient à Mike Brown une solution tactique supplémentaire. Andre Drummond peut absorber des minutes, prendre des rebonds et soulager Towns pendant la saison régulière, mais il ne reproduira pas automatiquement tout ce que Robinson apportait dans certaines séries.
La profondeur intérieure mérite d’ailleurs d’être surveillée. À l’approche du début de la saison régulière, New York n’a pas encore totalement figé les dernières places de son roster. James Wiseman, Drew Eubanks, Bruce Brown, Ochai Agbaji et Tony Bradley figurent notamment parmi les vétérans encore présents autour du groupe, tandis que Tyler Nickel, Kevin McCullar Jr. et Jaden Akins occupent les trois contrats Two-Way. Rien de tout cela ne change le noyau du champion, mais les derniers arbitrages doivent encore préciser la profondeur derrière Towns et Drummond.
Il faut aussi garder un œil sur Josh Hart. Son annulaire droit, protégé pendant une grande partie de la saison dernière, reste douloureux. Début octobre, Hart a expliqué que les médecins lui avaient indiqué qu’un remplacement articulaire serait nécessaire, une opération incompatible avec la poursuite de sa carrière. Il a donc choisi de continuer à jouer avec cette gêne. Ce n’est pas une indisponibilité annoncée, mais c’est une variable physique à suivre sur 82 matchs.
Il existe enfin le facteur le moins quantifiable : désormais, tout le monde les attend.
En 2025-2026, les Knicks sont devenus champions. En 2026-2027, ils devront vivre comme des champions pendant 82 matchs, gérer les soirées où l’adversaire joue comme s’il s’agissait déjà des playoffs et arriver en avril avec suffisamment d’essence pour recommencer.
Ils ont le talent pour le faire. Mais le deuxième titre est souvent celui où disparaît l’effet de surprise.
Les clés de la saison des New York Knicks
Les forces :
- Jalen Brunson est désormais un franchise player champion NBA et Finals MVP.
- Le cinq Brunson – Bridges – Hart – Anunoby – Towns conserve une continuité presque totale.
- Bridges, Hart et Anunoby offrent trois profils complémentaires autour de Brunson.
- Karl-Anthony Towns apporte du spacing et un rebond de très haut niveau au poste 5.
- McBride, Alvarado, Clarkson et Shamet donnent à Mike Brown plusieurs options différentes sur les lignes arrière.
- L’expérience acquise durant une campagne de playoffs terminée à 16-3 change forcément le niveau de confiance du groupe.
Les faiblesses :
- Le départ de Mitchell Robinson enlève une option défensive et athlétique importante à l’intérieur.
- La profondeur derrière Towns et Drummond reste à préciser à l’approche de la saison régulière.
- La création en demi-terrain reste très dépendante de Jalen Brunson lorsque les rotations se raccourcissent.
- Certaines configurations avec Drummond peuvent réduire le spacing disponible autour des créateurs.
- New York devra absorber une saison entière avec le statut et les attentes réservés au champion en titre.
- Le doigt droit de Josh Hart reste une fragilité physique à surveiller : il continuera de jouer malgré une articulation douloureuse qui nécessiterait un remplacement incompatible avec la poursuite de sa carrière NBA.
Le joueur à suivre : OG Anunoby
Un Finals MVP attire naturellement la lumière. Un défenseur capable de changer complètement la géométrie d’une série, beaucoup moins. C’est précisément pour cela qu’OG Anunoby mérite notre attention.
Sa saison régulière 2025-2026 était déjà solide : 16,7 points et 5,2 rebonds de moyenne en 67 matchs. Mais ce sont surtout les playoffs qui ont rappelé pourquoi son profil est aussi précieux pour New York.
Anunoby n’est pas seulement chargé de défendre le meilleur ailier adverse pendant que Brunson conserve davantage d’énergie pour l’attaque. Il est aussi devenu suffisamment dangereux offensivement pour punir une défense qui décide de l’abandonner.
Les Finales l’ont parfaitement illustré. Après 17 points dans chacun des deux premiers matchs, il en a inscrit 28 dans le Game 3 puis 33 points avec sept tirs à trois points réussis dans le Game 4. Pendant quelques soirées, le role player idéal s’est transformé en véritable deuxième ou troisième option.
C’est exactement la version dont les Knicks auront besoin pour viser le doublé.
Brunson sera ciblé. Towns également. Les meilleures défenses chercheront forcément à forcer Bridges, Hart ou Anunoby à décider davantage de possessions. Si OG reste uniquement un excellent défenseur capable de sanctionner en spot-up, New York possède déjà un très bon joueur.
S’il peut régulièrement ajouter du scoring sans perdre ce qui fait sa valeur de l’autre côté du terrain, Mike Brown obtient autre chose : un véritable facteur X de playoffs. Et pour un champion qui n’a pas bouleversé son effectif, c’est probablement dans ce genre de progression interne que se trouve le prochain plafond.
Quel scénario pour les New York Knicks en 2026-2027 ?
Scénario Choke
Le premier grain de sable ne provoque pas forcément une catastrophe. Chez les champions, il suffit parfois qu’il arrive au mauvais endroit.
Brunson est pleinement autorisé à jouer, mais New York constate rapidement que l’attaque reste extrêmement dépendante de lui lorsque les matchs se jouent en demi-terrain. Rien d’alarmant individuellement : simplement suffisamment pour rappeler à quel point le plan offensif peut se resserrer autour de son créateur principal.
Pendant ce temps, le départ de Robinson devient plus visible que prévu. Drummond avale les rebonds en saison régulière mais devient difficile à conserver sur certains matchups, tandis que les solutions derrière le duo Towns-Drummond ne s’imposent pas comme des options suffisamment fiables. Towns doit alors assumer davantage de minutes et de responsabilités défensives au poste 5.
Les Knicks gagnent encore beaucoup. Ils ont trop de talent, de défenseurs extérieurs et d’expérience pour s’effondrer. Mais le sentiment d’invincibilité disparaît.
En playoffs, une équipe parvient finalement à sortir le ballon des mains de Brunson suffisamment souvent. Anunoby et Bridges ne produisent pas assez balle en main, le banc crée peu d’avantages et New York retrouve un problème aussi vieux que les séries éliminatoires : lorsque le plan A est bloqué, le plan B ressemble beaucoup au plan A avec quelqu’un d’autre placé dans le corner.
Le champion sort avant la finale de conférence. À New York, dix mois après une parade, cela suffirait presque à parler de crise.
Scénario Clutch
Le groupe reprend exactement là où il s’était arrêté.
Brunson traverse la saison sans séquelle notable de son opération au poignet et continue de contrôler les fins de match avec cette étrange capacité à jouer à son rythme pendant que tout le monde autour de lui semble accélérer. Towns offre une nouvelle saison proche du double-double, tandis que Bridges et Anunoby transforment chaque rencontre contre une équipe équipée de grands créateurs extérieurs en parcours du combattant.
Surtout, New York trouve les petites réponses dont un champion a besoin. Drummond devient un excellent pivot de saison régulière, permettant de préserver Towns. La profondeur intérieure se stabilise et l’une des solutions supplémentaires gagne une vraie place dans la rotation. McBride continue de progresser, Alvarado apporte son agressivité défensive et Shamet conserve sa capacité à étirer les défenses.
Anunoby, enfin, maintient une partie du niveau offensif entrevu pendant les Finales.
Les Knicks n’ont alors plus seulement un cinq extrêmement cohérent. Ils peuvent gagner de plusieurs façons : avec Brunson en isolation, grâce au spacing de Towns, en imposant leur défense extérieure ou simplement en laissant leur profondeur épuiser l’adversaire.
Ils arrivent en avril avec l’avantage du terrain, passent les premiers tours sans brûler toutes leurs cartouches et retrouvent les Finales. Cette fois, il n’y aurait plus 53 ans à attendre. Seulement douze mois.
Notre verdict
Le plus difficile avec un champion est souvent de déterminer ce qui relève d’une campagne exceptionnelle et ce qui peut véritablement être reproduit.
Dans le cas des Knicks, une grande partie de la recette semble durable.
Brunson est toujours là. Towns est toujours là. Bridges, Hart et Anunoby aussi. Mike Brown conserve son noyau et le cinq majeur qui vient de gagner le titre. Le départ de Mitchell Robinson enlève une pièce utile et la profondeur intérieure mérite d’être surveillée, mais aucun élément ne suffit aujourd’hui à remettre en question le statut de New York parmi les meilleures équipes de la conférence.
Notre projection traduit cette continuité : 55 victoires pour 27 défaites et la première place de la Conférence Est, avec l’avantage du terrain pendant les playoffs.
Le back-to-back reste un objectif autrement plus compliqué que terminer premier sur 82 matchs. Mais ces Knicks n’ont pas besoin de découvrir une nouvelle formule pour y parvenir.
Ils doivent simplement prouver que la précédente fonctionne encore lorsque toute la NBA connaît désormais la recette.






