- Bilan de la saison dernière : 42 victoires – 40 défaites, 9e de la Conférence Ouest, élimination au Play-In
- Les mouvements : Les départs et arrivées de l’été des Los Angeles Clippers
- Le 5 majeur : Darius Garland – Keaton Wagler – Brandon Ingram – Rui Hachimura – Brook Lopez
- Le banc : Bradley Beal – Kris Dunn – Max Strus – Derrick Jones Jr. – Gradey Dick – Isaiah Jackson – Kobe Sanders – Yanic Konan Niederhäuser – Baba Miller
- Notre pronostic pour cette saison : 34 victoires – 48 défaites, 11e place de la Conférence Ouest, hors Play-In.
Il y a douze mois, les Los Angeles Clippers pouvaient encore se raconter qu’ils vivaient dans une fenêtre de compétition. La saison 2025-2026 a fini de refermer cette histoire. Los Angeles a certes réussi une remontée assez improbable, passant d’un départ à 6-21 à un bilan positif de 42-40, mais l’aventure s’est arrêtée dès le Play-In. L’équipe n’était déjà que la 11e attaque et la 18e défense de NBA, avec un Net Rating à +1,1. Correct. Certainement pas suffisant pour continuer à repousser le changement de cycle.
Depuis, le changement de cycle a pris des allures de démolition contrôlée. James Harden avait déjà été envoyé à Cleveland contre Darius Garland en février. Ivica Zubac avait suivi vers Indiana. Cet été, John Collins, Bogdan Bogdanović et Bennedict Mathurin sont partis. Puis le symbole ultime est tombé : Kawhi Leonard, auteur de 27,9 points de moyenne la saison dernière, a été transféré à Toronto le 14 septembre contre Brandon Ingram, Gradey Dick et un package de picks.
Et comme si reconstruire après Kawhi n’était pas suffisamment compliqué, les Clippers doivent désormais le faire avec une sanction qui va accompagner la franchise pendant des années.

Quel avenir pour les Clippers après la perte de cinq premiers tours de Draft ?
La sanction est lourde : la NBA a retiré aux Clippers un premier tour de Draft dans chacune des cuvées 2029, 2030, 2031, 2032 et 2033 après son enquête pour contournement du salary cap. Steve Ballmer a également été suspendu un an et Lawrence Frank six mois. Ce n’est plus seulement un problème autour de Kawhi Leonard. C’est une contrainte structurelle sur la reconstruction qui commence.
Il faut néanmoins éviter le raccourci consistant à dire que Los Angeles ne choisira plus au premier tour pendant cinq ans. Le trade Leonard a justement rapporté deux choix de premier tour non protégés de Toronto, en 2031 et 2033, ainsi qu’un droit de swap en 2027. À l’heure actuelle, les Clippers disposent donc encore de premiers tours extérieurs sur certaines de ces années malgré la confiscation de leurs propres actifs.
Le vrai problème est ailleurs : Los Angeles a perdu une énorme partie de son droit à l’erreur. Les choix 2027 et 2028 étaient déjà enfermés dans différents mécanismes de swaps et d’obligations. À partir de 2029, la sanction commence à frapper directement. Une mauvaise saison ne peut donc pas simplement être rangée dans la case « ce n’est pas grave, on récupérera un prospect majeur à la Draft ».
C’est ce qui rend cet effectif si étrange. Les Clippers ne sont pas assez jeunes pour assumer une reconstruction complète, mais ils paraissent trop faibles pour être considérés comme un vrai candidat aux playoffs. Darius Garland a 26 ans et Brandon Ingram 29 : ils peuvent encore porter une équipe compétitive. Derrière eux, Rui Hachimura, Max Strus, Derrick Jones Jr., Kris Dunn ou Brook Lopez peuvent former une rotation NBA sérieuse. Mais il manque désormais cette pièce qui change la dimension d’un roster. Kawhi remplissait encore ce rôle lorsqu’il était sur le terrain.
Le trade avec Toronto atténue donc les conséquences du désastre sans les effacer. Pour sortir de cette zone grise, Los Angeles doit maintenant réussir presque tout ce qu’une franchise reconstruisant normalement peut se permettre de rater : développer Wagler, valoriser ses jeunes, transformer les vétérans en actifs si la saison tourne mal et surtout éviter de rester plusieurs années entre la 10e et la 13e place de l’Ouest.
À Los Angeles, perdre ne garantit plus de préparer correctement demain.
Les clés de la saison des Los Angeles Clippers
Les forces :
- Darius Garland offre enfin un véritable meneur autour duquel structurer l’attaque.
- Brandon Ingram apporte une deuxième source de création et sort d’une saison All-Star à 21,5 points de moyenne.
- Keaton Wagler possède déjà un niveau de shooting compatible avec un rôle NBA important.
- Rui Hachimura et Max Strus peuvent fournir du spacing autour des créateurs.
- Tyronn Lue dispose encore d’une rotation profonde et de plusieurs profils expérimentés.
Les faiblesses :
- Le départ de Kawhi Leonard fait disparaître de très loin le meilleur joueur des Clippers en 2025-2026.
- Le potentiel défensif du cinq Garland-Wagler-Ingram-Hachimura-Lopez paraît limité.
- Brook Lopez et Bradley Beal appartiennent désormais à une partie vieillissante et physiquement fragile de la rotation.
- Jordan Miller manquera au minimum le début de saison après son opération d’une déchirure de la coiffe des rotateurs.
- Les choix de Draft perdus ou déjà engagés compliquent fortement une reconstruction classique.
Le joueur à suivre : Keaton Wagler
Dans une autre franchise, Keaton Wagler serait simplement un rookie intéressant sélectionné avec le cinquième choix. Chez ces Clippers, il représente beaucoup plus. Il est probablement le joueur dont le développement peut modifier le plus profondément la trajectoire du projet.
Notre scouting le plaçait seulement 10e de la Draft, mais son profil répond parfaitement à un besoin immédiat. À Illinois, Wagler tournait à 17,7 points, 5,1 rebonds et 4,3 passes avec 41,1 % à trois points sur 5,8 tentatives. Son shoot possède déjà la range et la vitesse de déclenchement pour sanctionner des défenses NBA. Le doute portait davantage sur son handle, son explosivité et sa capacité à conserver de l’impact lorsque le tir extérieur disparaît.
Le contexte devrait justement l’aider. Garland peut prendre la création principale, Ingram absorber une grande partie des possessions difficiles et Wagler commencer sa carrière en vivant davantage sans ballon. Son premier été a d’ailleurs déjà offert quelques signaux encourageants : après sept points lors de son premier match de Summer League, il en a inscrit 23 face à Utah puis 26 contre Minnesota.
Nous le projetons titulaire au poste 2, même si Kris Dunn, Max Strus ou Bradley Beal offrent d’autres options à Tyronn Lue. Le véritable enjeu ne sera pourtant pas de savoir qui commence le premier match. Il sera de déterminer si Wagler peut devenir autre chose qu’un excellent shooteur.
Avec cinq premiers tours confisqués, trouver un futur titulaire à long terme avec le choix numéro 5 devient presque une obligation. Les Clippers n’ont plus beaucoup de jokers à distribuer.
Quel scénario pour les Los Angeles Clippers en 2026-2027 ?
Scénario Choke
Le scénario noir commence sans catastrophe spectaculaire. C’est justement ce qui le rend crédible.
Brandon Ingram revient bien de son opération au talon mais ne remplace évidemment pas l’impact two-way de Leonard. Garland crée et score correctement, sans pouvoir masquer toutes les limites autour de lui. Wagler montre son shoot mais reste trop dépendant de celui-ci pour peser régulièrement. Derrière, Beal ne retrouve jamais vraiment son ancienne explosivité après une saison limitée à six matchs par sa fracture de la hanche et Brook Lopez commence sérieusement à montrer son âge.
L’attaque produit suffisamment pour éviter l’effondrement. La défense, beaucoup moins. Le backcourt se fait cibler, la protection du cercle ne compense pas toutes les brèches et Los Angeles passe l’hiver à courir derrière une place de Play-In qu’il n’atteint jamais vraiment.
Les Clippers terminent alors bien en dessous de notre projection, parmi les cinq dernières équipes de l’Ouest.
Normalement, ce serait le moment où une franchise se console en ouvrant Tankathon. Pour Los Angeles, même la consolation a désormais quelques lignes de petits caractères.
Scénario Clutch
Dans le meilleur des cas, les Clippers découvrent qu’ils ont réussi leur changement de cycle plus vite que prévu.
Darius Garland retrouve son niveau de double All-Star et contrôle réellement l’attaque. Brandon Ingram, annoncé apte pour le training camp après son opération du talon, redevient immédiatement une deuxième option fiable. Leur complémentarité donne enfin à Los Angeles deux créateurs capables d’attaquer des couvertures différentes plutôt qu’une succession de possessions qui se terminent en isolation.
Surtout, Wagler est prêt immédiatement. Son tir oblige les défenses à rester collées à lui, son playmaking est un peu plus avancé qu’attendu et il ne devient pas une cible permanente de l’autre côté du terrain. Hachimura, qui sort d’une saison à 44,3 % derrière l’arc, et Strus ajoutent assez de spacing pour ouvrir le terrain. Dunn et Derrick Jones Jr. récupèrent les missions défensives les plus ingrates.
Ce roster ne devient pas soudainement un contender. Mais Tyronn Lue transforme sa profondeur en avantage, les Clippers restent autour de l’équilibre et arrivent en avril encore engagés dans la bataille.
Dans ce scénario, une place en Play-In devient totalement accessible. Et avec tout ce que cette franchise vient de perdre, jouer encore un match qui compte vraiment en avril ressemblerait déjà à une petite victoire.
Notre verdict
Les Clippers possèdent trop de joueurs NBA compétents pour ressembler à une équipe de 20 victoires. Garland et Ingram forment une base offensive crédible, Wagler apporte un véritable motif d’espoir et la rotation n’est pas vide.
Mais l’effectif semble surtout construit pour survivre, pas pour gagner suffisamment dans l’Ouest actuel. Leonard n’est plus là pour faire basculer les matchs serrés, le potentiel défensif a sérieusement baissé et plusieurs solutions du banc arrivent avec des questions physiques ou liées à l’âge. Nous ne voyons pas non plus Wagler transformer instantanément, à 19 ans, la destinée de cette équipe.
Notre projection reste donc 34 victoires – 48 défaites, soit la 11e place de la Conférence Ouest et une saison terminée hors du Play-In.
La vraie réussite de 2026-2027 se mesurera presque autant dans le développement de Keaton Wagler et la valeur créée autour de Darius Garland et Brandon Ingram que dans le classement. La sanction ne condamne pas les Clippers à cinq années sans Draft. Elle fait quelque chose de presque aussi dangereux : elle leur retire une grande partie du droit de se tromper.






