- Bilan de la saison dernière : 42 victoires – 40 défaites, 8e de la Conférence Ouest en saison régulière, qualifiés pour les playoffs via le Play-In, éliminés 4-1 par les San Antonio Spurs au premier tour.
- Les mouvements : Arrivées : Les départs et arrivées de l’été des Portland Trail Blazers
- Le 5 majeur : Ja Morant – Jrue Holiday – Deni Avdija – Toumani Camara – Donovan Clingan
- Le banc : Scoot Henderson – Robert Williams III – Jeremy Sochan – Vít Krejčí – Sidy Cissoko – Branden Carlson – Damian Lillard
- Notre pronostic pour cette saison : 41 victoires – 41 défaites, 8e de la Conférence Ouest, Play-In.
Les Portland Trail Blazers avaient enfin remis un pied dans la pièce où se jouent les matchs qui comptent. Après plusieurs années de reconstruction, Portland a terminé à 42-40, survécu au Play-In et retrouvé les playoffs, même si San Antonio s’est chargé de rappeler en cinq matchs la distance qui séparait encore Rip City des meilleures équipes de l’Ouest.
Deni Avdija avait entre-temps changé de dimension, jusqu’à devenir All-Star, pendant qu’une défense classée 12e de NBA compensait une attaque seulement 21e à l’Offensive Rating.
Puis Portland a décidé que le retour en playoffs ne suffisait plus. Jerami Grant et Kris Murray sont partis à Memphis. Ja Morant est arrivé. Damian Lillard, absent pendant toute la saison dernière après sa rupture du tendon d’Achille, doit également retrouver les parquets. Et Micah Nori découvre son premier poste de head coach NBA avec un roster où les joueurs capables de demander le ballon sont désormais plus nombreux que les certitudes sur la manière de le partager.
La blessure de Shaedon Sharpe, opéré fin août d’une déchirure du ménisque et qui ne sera réévalué que six mois plus tard, retire au moins temporairement une pièce du puzzle. Elle ne simplifie pas totalement la question pour autant. Parce qu’entre la star arrivée cet été, l’All-Star de la saison passée et la légende qui revient à la maison, Portland doit désormais déterminer qui tient réellement le volant.

Qui sera vraiment le patron à Portland ?
Il y a encore quelques mois, la réponse aurait été assez simple : Deni Avdija. L’Israélien a produit 24,2 points, 6,9 rebonds et 6,7 passes de moyenne, devenant le moteur d’une équipe finalement qualifiée en playoffs. Portland pouvait lui confier la transition, de la création sur demi-terrain, des possessions en isolation et une partie du playmaking.
Il n’était plus simplement un excellent joueur polyvalent : il était devenu le centre de gravité des Blazers.
L’arrivée de Ja Morant change cette architecture. Pas parce que le Morant version 2025-2026 aurait écrasé la concurrence : sa saison s’est limitée à 20 rencontres, avec 19,5 points et 8,1 passes de moyenne, avant qu’une entorse du ligament collatéral ulnaire du coude gauche ne mette fin à son exercice. Son efficacité a également chuté à 41 % au tir et 23,5 % à trois points.
Il arrive donc à Portland avec un statut immense, mais beaucoup plus de choses à prouver qu’à l’époque de ses saisons All-Star à Memphis.
Pourtant, s’il est physiquement capable de retrouver son explosivité, c’est bien Morant qui devrait devenir le principal organisateur de l’attaque des Portland Trail Blazers. Portland était 21e à l’Offensive Rating la saison dernière et a perdu 1 417 ballons. Le besoin d’un meneur capable de créer un avantage dès le premier dribble est évident.
La difficulté sera de ne pas transformer cette solution en nouveau problème.
Avdija doit conserver beaucoup de responsabilités, car son développement serait sacrifié si on le réduisait à un simple finisseur. Damian Lillard, lui, n’a pas joué un match NBA depuis les playoffs 2025 et revient à 36 ans d’une rupture du tendon d’Achille : son nom pèse toujours autant à Portland, mais son rôle devra probablement évoluer.
Voilà toute la nuance. Damian Lillard restera probablement le patron émotionnel de Rip City. Deni Avdija est celui qui a gagné ce statut sur le terrain la saison dernière. Mais pour que cette équipe change réellement de plafond, Ja Morant doit devenir son patron sportif.
Pas par son CV. Par son jeu.
Les clés de la saison des Portland Trail Blazers
Les forces :
- Deni Avdija sort d’une saison All-Star et offre à Portland un créateur de 2,03 m capable d’influencer presque toutes les phases du jeu.
- Un Ja Morant en bonne santé apporterait la percussion et le playmaking qui manquaient à la 21e attaque de NBA.
- Jrue Holiday, Toumani Camara, Donovan Clingan et Robert Williams III forment une base défensive extrêmement intéressante.
- Portland dispose de plusieurs porteurs de balle avec Morant, Avdija, Lillard, Holiday et Scoot Henderson.
- Clingan et Williams offrent deux profils complémentaires pour protéger le cercle et contrôler le rebond.
- Micah Nori récupère un effectif profond et polyvalent pour multiplier les configurations.
Les faiblesses :
- La hiérarchie du backcourt est loin d’être évidente entre Morant, Lillard, Holiday et Scoot Henderson.
- Le spacing reste douteux après une saison terminée au 28e rang NBA à trois points en pourcentage.
- Les pertes de balle ont été un problème majeur en 2025-2026, avec 1 417 turnovers sur la saison régulière.
- La disponibilité physique est une vraie inconnue avec Morant, le retour de Lillard et surtout la longue absence de Shaedon Sharpe.
- L’absence de Sharpe, scoreur à 20,8 points de moyenne, retire une arme offensive majeure à une équipe qui a également perdu Jerami Grant.
- Certains lineups risquent de manquer sévèrement de shooting autour de Morant et des intérieurs.
Le joueur à suivre : Ja Morant
Il y a quelques années encore, choisir Ja Morant comme « joueur à suivre » aurait presque ressemblé à de la triche. En 2026, la question est beaucoup plus intéressante.
Morant n’arrive pas à Portland au sommet de sa valeur. Sa dernière saison s’est arrêtée après seulement 20 matchs, son tir extérieur a complètement disparu et son coude gauche l’a finalement condamné à regarder la fin de saison de Memphis depuis l’extérieur.
Mais c’est précisément pour cela que Portland constitue un nouveau départ fascinant pour Ja Morant.
Il faudra d’abord observer son corps. Retrouve-t-il cette première accélération qui oblige une défense entière à reculer ? Peut-il de nouveau mettre une pression constante sur le cercle ? Ensuite viendra son adaptation collective. Avec Avdija et, à terme, Lillard à ses côtés, Morant ne pourra pas monopoliser chaque possession. Son activité sans ballon et surtout sa capacité à sanctionner lorsqu’il est laissé seul seront déterminantes.
Mais l’élément essentiel sera sa prise de décision. Portland n’a pas besoin d’un autre joueur capable de faire exploser une possession. Il lui faut quelqu’un capable de l’organiser.
Le pick & roll Ja Morant – Donovan Clingan peut devenir une arme majeure, tout comme sa capacité à accélérer avec Camara et Avdija en transition.
Si Portland retrouve le Ja Morant qui mettait constamment les défenses sous pression, l’attaque change de catégorie. Si elle récupère seulement son usage sans son efficacité, le problème devient beaucoup plus compliqué.
Quel scénario pour les Portland Trail Blazers en 2026-2027 ?
Scénario Choke
Le premier grain de sable est assez facile à identifier : Morant revient sans avoir totalement retrouvé le joueur qu’il était.
Son premier pas fait moins de dégâts, son tir extérieur reste sous les 30 % et les défenses passent systématiquement sous les écrans. Avdija doit alors reprendre davantage de création pendant que Portland cherche encore comment intégrer Lillard lorsqu’il revient. Avec Sharpe indisponible pendant une grande partie de la saison, Micah Nori manque en plus d’un scoreur extérieur capable de simplifier une possession.
Le problème de turnovers de la saison passée ne disparaît pas. Morant accélère parfois trop, Scoot Henderson peine encore à trouver sa place et plusieurs lineups associant des non-shooters facilitent énormément le travail des défenses adverses.
La défense maintient Portland à flot, parce qu’Holiday, Camara, Clingan et Williams offrent trop de qualité pour sombrer complètement. Mais elle doit continuellement réparer les erreurs d’une attaque désordonnée et les ballons perdus qui génèrent de la transition adverse.
Au bout de quelques mois, les Blazers possèdent beaucoup de meneurs, mais personne ne tient vraiment le volant.
Dans un Ouest sans pitié, Portland glisse vers la 10e place, voire hors du Play-In.
Scénario Clutch
Cette fois, Ja Morant revient vraiment.
Pas nécessairement celui qui cherchait chaque soir son highlight pour SportsCenter, mais une version plus mature du même phénomène athlétique. Il attaque le cercle, force les aides et transforme Clingan en menace permanente sur pick & roll. Surtout, il accepte de lâcher le ballon lorsque la défense bascule sur lui.
Avdija ne régresse pas avec moins de possessions : il devient encore meilleur. Son activité sans ballon, sa puissance en transition et sa création secondaire donnent à Portland deux joueurs capables de casser une défense de manières différentes.
Lillard revient progressivement et n’a plus besoin de porter l’équipe. Quelques séquences de création, du spacing et du shotmaking en fin de match suffisent déjà à changer des soirées.
De l’autre côté, Camara continue de prendre les missions impossibles, Holiday s’adapte à un rôle moins gourmand offensivement et Clingan fait franchir un nouveau palier à une défense déjà 12e de NBA la saison passée.
Portland n’a même pas besoin que tout soit parfait. Il suffit que Morant redevienne une star, qu’Avdija reste un All-Star et que la défense conserve sa base.
Dans ce scénario, l’attaque quitte le dernier tiers de la NBA et les Portland Trail Blazers peuvent aller chercher 45 à 47 victoires et une qualification directe en playoffs.
Notre verdict
Les Portland Trail Blazers 2026-2027 sont probablement meilleurs que la saison dernière en talent pur. Mais ils sont aussi beaucoup plus compliqués à comprendre.
Ja Morant peut résoudre une partie des problèmes offensifs, Damian Lillard ajoute une variable aussi séduisante qu’incertaine et Deni Avdija a suffisamment progressé pour ne plus pouvoir être traité comme un simple lieutenant. Derrière eux, Holiday, Camara, Clingan et Williams offrent la structure défensive nécessaire pour empêcher cette expérience de partir complètement dans tous les sens.
La blessure de Shaedon Sharpe enlève toutefois une arme importante, tandis que le shooting, les pertes de balle et la répartition des responsabilités empêchent encore de considérer Portland comme une valeur sûre du top 6.
Nous voyons donc une équipe dangereuse, profonde, capable de battre presque n’importe qui sur une soirée, mais pas encore suffisamment stable pour éviter le Play-In.
Notre projection : 41 victoires, 41 défaites et une 8e place à l’Ouest.
À Portland, le nom le plus important restera Damian Lillard. Le joueur le plus fiable pourrait encore être Deni Avdija. Mais si les Blazers veulent véritablement changer de dimension, Ja Morant devra être celui qui prend les commandes.






