- Bilan de la saison dernière : 52 victoires – 30 défaites, 5e de la Conférence Ouest, élimination 2-4 face aux Los Angeles Lakers au premier tour.
- Les mouvements : Les mouvements de l’été des Houston Rockets
- Le 5 majeur : Fred VanVleet – Amen Thompson – Kevin Durant – Jabari Smith Jr. – Alperen Şengün
- Le banc : Reed Sheppard – Marcus Smart – Bogdan Bogdanović – Tari Eason – Steven Adams – Clint Capela – Bruce Thornton – Jae’Sean Tate – Isaiah Crawford
- Notre pronostic pour cette saison : 47 victoires – 35 défaites, 5e de la Conférence Ouest, playoffs directs.
Il y a quelque chose d’assez étrange avec ces Houston Rockets. Voilà deux saisons consécutives qu’ils terminent à 52 victoires. Deux saisons qui valident le travail d’Ime Udoka, la progression du jeune noyau et le retour durable de Houston parmi les bonnes équipes de l’Ouest. Et pourtant, deux printemps plus tard, le compteur affiche toujours exactement la même chose : zéro série de playoffs remportée.
La dernière élimination possède évidemment des circonstances atténuantes. Fred VanVleet n’a pas joué une seule minute de la saison après sa rupture du ligament croisé antérieur, Steven Adams a vu sa saison s’arrêter en janvier et Kevin Durant, pourtant disponible pendant 78 matchs de saison régulière, n’a disputé qu’une rencontre complète de la série face aux Lakers. Houston a tenté de survivre, est revenu de 0-3 à 2-3, puis s’est écroulé offensivement dans un Game 6 perdu 98-78.
Cet été, Rafael Stone n’a donc pas dynamité son effectif. Il l’a assuré. Au camp, le retour de VanVleet et de Steven Adams est devenu beaucoup plus concret : les deux ont été autorisés à reprendre pleinement, même si Houston devrait gérer leur charge de travail. Avec Marcus Smart et Bogdan Bogdanović en renfort, les Rockets disposent de davantage de solutions lorsque le basket devient moins joli, les rotations plus courtes et chaque possession plus lourde.
Parce qu’à Houston, la question n’est plus de devenir une bonne équipe.
Il faut maintenant gagner en mai.

Les Rockets peuvent-ils enfin dépasser le premier tour ?
Houston a déjà prouvé qu’il pouvait survivre à une saison régulière. Même sans VanVleet et avec plusieurs blessures importantes, les Rockets ont terminé à 52-30 avec un Net Rating de +5,4. Leur rebond est resté une arme majeure : ils ont terminé avec le meilleur pourcentage de rebond offensif de NBA selon NBA.com.
Le problème apparaît lorsque l’espace se réduit.
Face aux Lakers, Houston n’a produit que 105,2 points pour 100 possessions et a shooté à seulement 30,2 % à trois points. L’absence de Durant pendant cinq des six rencontres explique évidemment une énorme partie de l’effondrement, mais la série a également rappelé les limites d’une attaque parfois trop dépendante de l’avantage individuel. Sans VanVleet pour organiser, ralentir une possession ou simplement mettre le ballon au bon endroit, les Rockets ont demandé beaucoup à Amen Thompson, Reed Sheppard et Alperen Şengün.
C’est précisément là que l’effectif 2026-2027 semble mieux construit.
VanVleet doit rendre à Houston son principal organisateur. Smart offre un autre porteur de balle capable de défendre très haut sur le terrain et d’absorber les possessions physiques. Bogdanović apporte un profil qui manquait parfois cruellement : un shooteur capable de punir immédiatement une aide défensive et de créer après closeout. Le Serbe est un shooteur à 38,1 % à trois points en carrière, même si sa disponibilité devra être surveillée après une saison 2025-2026 limitée par une blessure aux ischio-jambiers.
Le défi d’Ime Udoka sera maintenant de transformer cette accumulation de profils en hiérarchie claire. Kevin Durant doit rester le go-to-guy lorsque Houston a simplement besoin d’un panier. Şengün doit continuer à servir de hub offensif. Amen Thompson doit conserver suffisamment de ballon pour attaquer le cercle plutôt que devenir un simple joueur de complément. VanVleet doit organiser sans reprendre tout l’espace gagné par Sheppard en son absence.
Et surtout, Houston devra éviter de sacrifier son spacing au nom de sa défense. Les associations comprenant Amen Thompson, Marcus Smart et plusieurs intérieurs peuvent devenir extrêmement pénibles à affronter… mais aussi parfois très faciles à charger dans la peinture. Le chantier est déjà visible au camp : le nouveau shooting coach Chip Engelland travaille notamment avec Thompson et Şengün pour rendre leurs zones de tir plus difficiles à ignorer.
Les Rockets possèdent désormais suffisamment de talent pour gagner une série. Ce qui leur manque encore, c’est la preuve qu’ils savent construire une attaque de playoffs lorsque le plan A disparaît.
Les clés de la saison des Houston Rockets
Les forces :
- Kevin Durant reste un go-to-guy capable de résoudre les possessions difficiles.
- Alperen Şengün et Amen Thompson donnent à Houston deux créateurs atypiques autour desquels construire.
- Une identité défensive et au rebond déjà solidement installée par Ime Udoka.
- Une profondeur impressionnante avec Smart, Sheppard, Eason, Bogdanović, Adams et Capela derrière les titulaires.
- Plusieurs options de création supplémentaires avec les retours de VanVleet et Adams ainsi que les arrivées de Smart et Bogdanović.
- Une rotation suffisamment profonde pour mieux contrôler la charge de travail de Kevin Durant.
Les faiblesses :
- Le retour de Fred VanVleet reste une inconnue en matière de rythme et de charge de travail.
- Kevin Durant a désormais 38 ans et Houston doit éviter de trop dépendre de lui.
- Certaines lineups peuvent rapidement manquer de spacing autour d’Amen Thompson et Alperen Şengün.
- Une rotation très profonde qui obligera Ime Udoka à faire des choix parfois difficiles.
- Deux éliminations consécutives au premier tour malgré 52 victoires en saison régulière.
- Une attaque qui doit encore prouver qu’elle peut rester structurée lorsque les défenses de playoffs ferment les premières options.
Le joueur à suivre : Fred VanVleet
Fred VanVleet n’est plus forcément l’un des trois meilleurs joueurs de cet effectif. Pourtant, il pourrait en être l’un des plus importants.
Sa saison 2025-2026 n’a tout simplement jamais commencé. Victime d’une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit avant le training camp, le meneur a dû regarder Houston apprendre à jouer sans lui pendant toute l’année. Sa dernière saison complète s’était terminée à 14,1 points et 5,6 passes de moyenne, mais ce sont moins ses chiffres que son rôle qui manque aux Rockets.
VanVleet est celui qui remet de l’ordre quand une possession commence à partir dans tous les sens. Celui qui peut appeler le bon set, servir Şengün au bon moment ou permettre à Durant de recevoir le ballon à l’endroit où il est vraiment dangereux. Son retour doit également libérer Amen Thompson, qui pourra davantage alterner entre création et jeu sans ballon, plutôt que porter constamment la responsabilité de l’organisation.
Le point de vigilance reste évidemment physique, mais le dossier a avancé. VanVleet a été autorisé à reprendre les entraînements complets dès l’ouverture du camp et Ime Udoka a confirmé qu’il restait le meneur titulaire projeté s’il est apte. Houston devrait toutefois gérer son volume de minutes et pourrait éviter de l’utiliser sur certains back-to-backs en début de saison.
Houston n’a pas besoin de retrouver immédiatement un VanVleet à 35 minutes par soir. Il a besoin de retrouver son cerveau.
S’il peut redevenir un meneur fiable pendant 25 à 30 minutes et être sur le parquet lorsque les matchs se décident, tout l’édifice offensif devient plus simple.
Quel scénario pour les Houston Rockets en 2026-2027 ?
Scénario Choke
Dans le pire des cas, le retour à plein régime de VanVleet prend davantage de temps que prévu. Il est disponible, mais manque encore d’explosivité et de rythme. Smart absorbe une partie des minutes à la mène sans offrir suffisamment de spacing, tandis que Bogdanović ne suffit pas à régler les problèmes de shooting de certaines lineups.
Houston retombe alors dans un défaut déjà aperçu la saison dernière : trop de possessions finissent par demander à Kevin Durant de fabriquer quelque chose dans les dernières secondes.
Avec un Durant désormais âgé de 38 ans, ce n’est pas vraiment le projet de gestion de charge rêvé.
Amen Thompson continue de progresser, Şengün produit, la défense reste sérieuse et Houston gagne suffisamment pour rester compétitif. Mais lorsque les matchs se resserrent, les limites de création et de spacing réapparaissent. Dans un Ouest où chaque série peut devenir un combat de sept matchs, les Rockets glissent vers la zone du Play-In ou abordent encore les playoffs sans avantage du terrain.
Et au printemps, le scénario que personne à Houston ne veut revoir se répète : excellente équipe de saison régulière, attaque qui se grippe, vacances beaucoup trop tôt.
Trois années de suite au premier tour commenceraient alors à ressembler moins à un accident qu’à un plafond.
Scénario Clutch
Dans le meilleur des cas, VanVleet retrouve rapidement suffisamment de mobilité pour reprendre son rôle d’organisateur sans devoir porter l’attaque. Cela permet à Houston de répartir les responsabilités de manière beaucoup plus naturelle.
Durant peut être davantage économisé. Amen Thompson franchit encore un cap comme créateur secondaire. Şengün continue d’attirer les aides depuis le poste haut. Sheppard confirme son développement comme menace extérieure et Bogdanović apporte enfin à la second unit ce shooting qui lui manquait régulièrement.
De l’autre côté du terrain, Udoka peut presque choisir le type de problème qu’il veut poser à l’adversaire. Smart, Thompson et Eason peuvent transformer certaines séquences en guerre de tranchées. Adams apporte sa dureté, Capela de la protection de cercle et la longueur générale du roster reste impressionnante.
Houston possède alors une vraie rotation de playoffs, pas seulement beaucoup de joueurs.
Dans cette configuration, les Rockets peuvent dépasser notre projection de 47 victoires, aller chercher le Top 4 de l’Ouest et surtout arriver en postseason avec Durant suffisamment frais et plusieurs solutions derrière lui.
Une victoire au premier tour ne constituerait plus l’objectif final. Elle deviendrait le minimum nécessaire avant d’aller tester ce groupe face aux véritables contenders de l’Ouest.
Notre verdict
Houston nous paraît paradoxalement plus armé pour les playoffs sans être forcément destiné à gagner davantage de matchs en saison régulière.
L’effectif dispose de plus de création, de davantage d’expérience et de suffisamment de profondeur pour éviter de faire reposer chaque possession importante sur Kevin Durant. Smart et Bogdanović répondent à des besoins précis, tandis que le retour de VanVleet peut transformer le fonctionnement offensif de l’équipe bien davantage que ne le suggérera sa ligne statistique.
Les interrogations existent cependant. Durant entre dans sa saison à 38 ans, VanVleet revient d’une grave blessure et Udoka doit encore trouver le meilleur équilibre entre défense, shooting et développement des jeunes.
Nous projetons donc les Houston Rockets à 47 victoires pour 35 défaites, soit la 5e place de la Conférence Ouest et une qualification directe en playoffs.
Ce bilan serait inférieur aux deux dernières saisons régulières. Mais cette fois, le nombre qui comptera réellement à Houston ne sera peut-être pas celui inscrit dans la colonne des victoires après 82 matchs.
Ce sera le nombre de séries remportées après.






