- Bilan de la saison dernière : 53 victoires – 29 défaites, 4e de la Conférence Ouest, élimination en demi-finale de conférence par Oklahoma City (0-4).
- Les mouvements : Départs : Les mouvements des Los Angeles Lakers
- Le 5 majeur projeté : Luka Doncic – Austin Reaves – Quentin Grimes – Ziaire Williams – Walker Kessler
- Le banc : Collin Sexton – Jake LaRavia – Matisse Thybulle – Sandro Mamukelashvili – Kevon Looney – Jaden Hardy – Cameron Carr – Jarred Vanderbilt – Dalton Knecht
- Notre pronostic pour cette saison : 45 victoires – 37 défaites, 6e de la Conférence Ouest, playoffs directs.
Les Los Angeles Lakers sortent d’une saison à 53 victoires qui laisse presque autant de frustration que de certitudes. Luka Doncic avait remporté le titre de meilleur scoreur de NBA avec 33,5 points de moyenne, avant qu’une déchirure de grade 2 à l’ischio-jambier gauche ne le prive des quinze derniers matchs de Los Angeles et de l’intégralité des playoffs. Sans lui, les Lakers ont tout de même éliminé Houston en six matchs. Oklahoma City a ensuite brutalement rappelé les limites de l’équipe avec un sweep au deuxième tour.
Depuis, le décor a changé. LeBron James est parti à Philadelphie et cette fois, il n’y a plus vraiment d’ambiguïté : Los Angeles est devenu le royaume de Luka. Le front office n’a pas cherché à remplacer LeBron par une autre superstar. Il a préféré multiplier les profils censés fonctionner autour de son nouveau franchise player : protection du cercle avec Walker Kessler, défense extérieure avec Quentin Grimes et Matisse Thybulle, création secondaire avec Collin Sexton, polyvalence offensive avec Sandro Mamukelashvili.
Les premiers jours d’octobre n’ont pas bouleversé cette lecture. Doncic a montré qu’il avait récupéré de sa blessure et a inscrit 21 points en seulement 16 minutes lors de la victoire 127-103 face à Sacramento pour ouvrir la présaison. Quentin Grimes a lui aussi envoyé un premier signal positif, tandis que la concurrence sur les ailes commence à prendre forme. Un match de présaison ne décide évidemment de rien. Mais le chantier est désormais visible.

Luka Doncic est-il suffisamment entouré ?
Tout part évidemment de Luka. En 2025-2026, Doncic a compilé 33,5 points, 7,7 rebonds et 8,3 passes par match. Autrement dit, les Lakers possèdent déjà la pièce la plus difficile à trouver en NBA : un créateur capable de dicter presque seul la structure d’une attaque.
La deuxième pièce est également connue. Austin Reaves est devenu une véritable deuxième option, avec 23,3 points et 5,5 passes la saison dernière. Plus intéressant encore, les Lakers ont dominé leurs adversaires de 10,1 points pour 100 possessions sur les 532 minutes disputées par Doncic et Reaves sans LeBron James. Cette association a donc déjà prouvé qu’elle pouvait constituer le centre de gravité de l’équipe.
JJ Redick semble d’ailleurs avoir identifié la première solution au vide laissé par LeBron. Durant le camp, le coach a indiqué vouloir décaler les minutes de Doncic et Reaves, afin de conserver autant que possible l’un de ses deux principaux créateurs sur le parquet. Ce choix est important. Le problème de Los Angeles n’est pas seulement de remplacer les points de LeBron : il faut également remplacer les possessions qu’il organisait lorsqu’il prenait le contrôle de l’attaque.
Derrière eux, le recrutement devient plus cohérent lorsqu’on regarde les fonctions plutôt que les noms. Walker Kessler doit protéger le cercle et servir de cible verticale sur pick-and-roll. Quentin Grimes doit défendre, sanctionner en spot-up et jouer sans réclamer vingt possessions. Collin Sexton peut apporter du scoring lorsque l’un des deux créateurs principaux souffle. Thybulle ajoute une solution spécialisée pour les matchups extérieurs. Mamukelashvili peut, lui, ouvrir davantage le terrain depuis le poste 5.
Voilà toute la nuance. Sur 82 matchs, la profondeur et la complémentarité peuvent suffire. En playoffs, lorsque les rotations raccourcissent et que les défenses ciblent chaque faiblesse, les Lakers devront prouver que leur collectif peut remplacer la polyvalence individuelle perdue cet été.
Grimes devra convertir les tirs générés par Luka. Le futur titulaire sur l’aile devra être suffisamment fiable offensivement pour rester sur le parquet. Kessler devra survivre lorsque les adversaires l’obligeront à défendre plus loin du cercle. Et Reaves devra confirmer qu’il peut être le deuxième créateur d’une équipe ambitieuse pendant une saison entière.
Notre réponse est donc plutôt oui, mais avec une frontière assez claire : Luka Doncic est suffisamment entouré pour conduire ces Lakers directement en playoffs. Pas encore suffisamment, selon nous, pour faire de Los Angeles un favori incontestable à l’Ouest.
Les clés de la saison des Los Angeles Lakers
Les forces :
- Luka Doncic reste l’un des meilleurs créateurs et scoreurs de NBA.
- Austin Reaves possède désormais le niveau d’une véritable deuxième option.
- Walker Kessler apporte la protection de cercle et la verticalité qui manquaient aux Lakers.
- Quentin Grimes, Matisse Thybulle et Ziaire Williams multiplient les solutions défensives sur les ailes.
- Collin Sexton apporte du scoring et de la création à la second unit.
- La rotation offre à JJ Redick davantage de profils différents selon les matchups.
Les faiblesses :
- Le départ de LeBron James laisse énormément de création et de polyvalence à remplacer.
- Los Angeles n’était que 20e de NBA au Defensive Rating en 2025-2026.
- Le dernier poste du cinq majeur n’a pas encore de propriétaire évident.
- Plusieurs des meilleurs défenseurs de l’effectif peuvent réduire le spacing lorsqu’ils partagent le parquet.
- L’attaque reste extrêmement dépendante du duo Doncic-Reaves.
- Walker Kessler doit encore prouver qu’il peut retrouver durablement son meilleur niveau après son opération de l’épaule.
Le joueur à suivre : Walker Kessler
S’il fallait résumer l’été des Lakers en un joueur, ce serait probablement Walker Kessler.
Los Angeles a envoyé à Utah deux premiers tours de Draft non protégés en 2031 et 2033, ainsi que deux swaps en 2028 et 2030, pour récupérer le pivot. C’est un investissement énorme pour un joueur qui n’a encore jamais participé à un match de playoffs NBA. Les Lakers ne l’ont clairement pas recruté pour simplement compléter leur rotation.
Le fit avec Luka saute aux yeux. En 2024-2025, Kessler tournait à 11,1 points, 12,2 rebonds et 2,4 contres. Son début de saison suivant était encore plus prometteur avec 14,4 points, 10,8 rebonds et 1,8 contre sur cinq rencontres, avant qu’une déchirure du labrum de l’épaule gauche ne mette fin prématurément à son exercice.
La bonne nouvelle est importante : son épaule est désormais considérée comme totalement rétablie et il a été autorisé à reprendre normalement avant le camp. Un doigt touché à l’entraînement l’a néanmoins empêché de participer au premier match de présaison, puis Los Angeles a continué de le ménager. Les informations disponibles ne suggèrent pas, à ce stade, une inquiétude pour le début de saison régulière.
Offensivement, son travail avec Doncic devrait être relativement limpide : poser de vrais écrans, plonger vers le cercle et profiter de chaque aide provoquée par Luka. Mais sa vraie mission sera défensive. Kessler doit devenir le filet de sécurité d’un backcourt Doncic-Reaves que les adversaires chercheront à attaquer.
S’il retrouve son timing, sa mobilité et sa présence au cercle, il peut changer l’équilibre de toute l’équipe. Voilà pourquoi il est notre joueur à suivre : Luka fera du Luka. Kessler peut faire passer les Lakers d’une bonne équipe offensive à une équipe réellement équilibrée.
Quel scénario pour les Los Angeles Lakers en 2026-2027 ?
Scénario Choke
La première erreur serait de considérer les 53 victoires de la saison dernière comme le point de départ naturel des nouveaux Lakers. Leur différentiel de points correspondait davantage à celui d’une équipe à 46-36, et leur exceptionnel bilan de 22 victoires pour 8 défaites dans le clutch sera difficile à reproduire.
Dans le pire des cas, Kessler retrouve le terrain mais pas immédiatement toute sa mobilité. La défense intérieure progresse moins que prévu et la bataille permanente pour le dernier poste du cinq empêche JJ Redick de trouver une rotation vraiment stable.
Le problème de fit apparaît alors. Thybulle ou Vanderbilt améliorent la défense mais compriment l’espace autour de Luka. Les configurations plus offensives donnent davantage de liberté à Doncic et Reaves, mais redeviennent vulnérables de l’autre côté. Sexton marque des points sans résoudre toutes les minutes de création, tandis que personne ne s’impose réellement comme troisième option.
La réussite exceptionnelle des Lakers dans les fins de match revient vers la moyenne. Quelques rencontres serrées basculent dans l’autre sens et, dans un Ouest où deux ou trois victoires peuvent changer plusieurs places, Los Angeles glisse hors du Top 6 et retrouve le Play-In.
Scénario Clutch
Dans le meilleur des cas, le puzzle se construit beaucoup plus rapidement.
Doncic arrive en pleine possession de ses moyens, Reaves confirme son statut de deuxième option et le choix de JJ Redick de décaler leurs minutes garantit pratiquement toujours un créateur de très haut niveau sur le parquet.
Kessler retrouve son niveau pré-blessure et son association avec Luka devient aussi naturelle qu’espéré : écran, roll, passe au-dessus de la défense, finition au cercle. Derrière eux, Grimes s’impose comme le complément idéal du backcourt grâce à son équilibre entre shooting et défense.
Surtout, l’un des candidats au dernier poste du cinq gagne définitivement sa place. Ziaire Williams transforme les signaux encourageants du camp en vraie progression, ou Thybulle apporte suffisamment offensivement pour que sa défense reste sur le terrain dans les moments importants. La première sortie de présaison face à Sacramento — 127 points inscrits, une activité défensive remarquable et plusieurs nouveaux joueurs immédiatement productifs — devient alors le premier aperçu d’une identité plutôt qu’un simple match d’octobre.
Les Lakers n’ont même pas besoin de devenir une défense d’élite. Passer clairement au-dessus de leur 20e place de la saison dernière pourrait suffire.
Dans cette configuration, la barre des 50 victoires redevient accessible, Los Angeles peut se mêler à la bataille pour l’avantage du terrain et personne n’a vraiment envie d’affronter Luka Doncic sur une série en sept matchs.
Notre verdict
Les Lakers ont pris une décision très claire : au lieu de chercher un nouveau LeBron James, ils ont cherché les bons joueurs pour Luka Doncic.
Quelques jours de training camp ont plutôt renforcé cette logique. Grimes semble déjà capable d’occuper un rôle important, plusieurs ailes se disputent les minutes et Redick dispose de davantage de solutions pour protéger ses deux stars offensives. La profondeur est meilleure et les rôles paraissent plus lisibles.
Mais les interrogations essentielles restent là. Peut-on passer d’une défense classée 20e à un niveau réellement compétitif ? Le poste d’ailier fort trouvera-t-il une réponse durable ? Et surtout, lorsque les playoffs élimineront progressivement les role players les moins complets, qui deviendra la troisième vraie solution derrière Doncic et Reaves ?
Notre projection reste donc 45 victoires pour 37 défaites, une 6e place à l’Ouest et une qualification directe en playoffs.
Luka est suffisamment entouré pour éviter le piège du Play-In. Pour transformer les Lakers en véritable contender, Walker Kessler et les nouveaux role players devront prouver qu’ils sont plus qu’un bon casting autour d’une superstar.






